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 En bordure des Déserts Ardents

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MessageSujet: En bordure des Déserts Ardents   Mer 10 Fév 2010 - 20:49

Il faisait grand jour, le Soleil s'exhibait fièrement haut dans ce ciel de Printemps. Une belle journée en perspective s'annonçait et les animaux le sentaient. Les oiseaux chantaient, les gibiers gambadaient dans les forêts, et le peuple des géants vaquait à ses occupations, calmement, tout comme son chef par intérim, Boréalis.
Depuis que sa meilleure « amie » et vraie cheftaine, Sibyllina, était partie, il devait gérer le clan en son entier, et l'affaire avait confirmé sa difficulté les jours passants. Entre les différents sous-clans à peine réunifiés qu'il fallait maintenir ensemble bon gré mal gré, les dissensions régulières entre ces derniers qui ne cessaient jamais et ce malgré les derniers édits des chamans, les anciens « champions » contestataires encore réticents, les chamans conservateurs qui hurlaient à un plus grand respect plus grand des traditions, une ville à bâtir de toute pièce, des nouveaux procédés d'enseignement et d'alimentation à mettre en place... La feuille de route qui s'étalait devant lui était aussi vaste que les recommandations de la semi-géante nombreuses.
A chaque problème que le géant rencontrait face à son peuple, elle lui avait laissé toutes sortes de plans, de réponses-types, de conseils à appliquer, comme si elle avait prévu toutes les difficultés qu'il allait rencontrer tandis qu'elle serait à l'étranger. Et bien sûr, comme il ne savait pas bien lire, c'était au Vénérable, l'Ancien le plus vieux du clan, celui aussi qui avait élevé la géante naine, de traduire les volontés de la Cheftaine à SON champion. Non pas que cela le dérangeait, d'ailleurs... Boréalis aimait bien « Papy », comme il l'appelait. Mais cela l'embêtait de dépendre autant de ce vieil homme qui, de semaine en semaine, se fatiguait et se voûtait. Il n'avait beau ne pas être très intelligent ni très éduqué, il avait bien compris que son mentor de toujours partait sur ses dernières années, peut-être même ses derniers mois.
Quelle pitié que Sibyllina ne soit pas là pour le consoler, pour tenter d'apaiser ses craintes sûrement infondées...

Néanmoins, quelque part, Boréalis se réjouissait... Autant avoir été le champion des Grands Roux, à l'époque où il avait été chargé de la réunification par la force des clans dissidents, ne lui avait pas plu, autant être le champion de Sibyllina, la Naine Rousse, c'était tout à fait autre chose... Il y trouvait un prestige non dissimulé et semblait fier lorsqu'il parlait au nom de son amie, donnant les ordres comme si elle les lui avait chuchoté discrètement à l'oreille, comme elle l'avait fait jusqu'à ce qu'elle décide de rejoindre la capitale de l'Empire de Kalamaï dans un but diplomatique.
Jusqu'ici, même si la tâche s'était rarement avérée simple, il n'empêche qu'il avait toujours su faire face, en grande partie parce que, oui, elle avait tout prévu, et dans les moindres détails.

Le titan aux cheveux de flammèches oranges errait parmi les dédales des tentes et maisonnettes en pierre qui s'étaient concentrées à l'endroit qui allait devenir d'ici quelques années leur capitale, le joyau du royaume des Déserts Ardents, tel que le souhaitait Sibyllina. Ses pensées vagabondaient sur les derniers soucis en date, rien de bien méchant malgré tout. Bien sûr, la tension était palpable par moment, les nerfs de ses congénères à vif du fait des derniers ordres qu'il avait dû lancer à propos du respect des consignes laissées par la Cheftaine.
Elle ne faisait pas encore l'unanimité, c'était clair... Et ses idées, avant-gardistes, étaient très souvent mal comprises, au mieux, ou totalement incomprises, ce qui n'aidait en rien l'application de règles aussi simple que la cohabitation pacifique entre factions opposées au sein du peuple des géants. Même réunifiés, les Grands Roux subissaient encore les années de guerres fratricides qui les avaient agités, marquant les esprits de rancunes tenaces et de désirs de vengeance aussi stupides que dangereux pour toute la communauté. Or, il n'était plus l'heure de s'entre-tuer ! Il était temps, enfin, que les géants repeuplent leur territoire, fassent des enfants, s'établissent, recouvrent leur gloire passée !

Alors qu'il repensait tout à coup à Sibyllina, cette créature si petite et pourtant si surprenante qu'il aimait plus que si elle était sa sœur, il constata avec dépit que cela faisait longtemps, désormais, qu'il n'avait de nouvelle de celle-ci. Et même s'il savait qu'elle ne risquait rien, une sorte d'appréhension le tenaillait depuis son lever, aux aurores, lorsqu'un des chamans l'avait quêté pour lui demander quoi faire face aux refus de quelques familles de laisser leurs enfants aller « à l'école ». Expression aussi nouvelle pour le peuple que son concept, provenant bien entendu de Sibyllina. Sûrement une idée chipée aux humains, encore... Comme si tout ce qui était bon pour eux le serait pour les géants...
Même si les chamans avaient toujours transmis leurs savoirs à leurs congénères, cela avait toujours été fait autour d'un brasier, lors des fêtes ou réunions claniques, et n'écoutaient que les volontaires ou ceux qui s'ennuyaient trop pour faire autre chose. Là, les choses différaient : tous les non-adultes se devaient de connaître l'histoire de notre peuple, les rudiments en médecine et dans la pratique des arts (à comprendre la forge, ou le lancer de pierres, ou même des concepts simplistes d'architecture, etc), et ce quelque soit leur âge et surtout leur motivation.

« Pour préparer les générations futures, leur ouvrir l'esprit ! » qu'avait dit son adorable Naine Rousse... Boréalis, s'il acceptait de croire en elle, doutait malgré tout de la réussite de cette entreprise, et ce même si tous les problèmes rencontrés figuraient dans le petit ouvrage qu'elle avait laissé derrière elle. Trop peu en tout cas l'acceptaient...

Dépité de ne rien trouver pour se changer les idées, il repartir vers sa demeure, le « palais », en réalité, seul bâtiment en dur existant pour le moment. Oh, rien de très arrogant... Une simple bâtisse solide et fonctionnelle, taillée dans des blocs énormes de granit. Mais par comparaison à tout ce qui l'entourait, il en émanait une sorte de grâce imposante, de beauté frugale.
Il désirait se ressourcer dans le dit petit livre qu'elle lui avait destiné... Il n'y avait pas que des conseils pratiques, mais aussi des poèmes. Et même si cela lui prenait parfois des heures, il aimait à s'y perdre et les apprendre par cœur. Cela, au moins, avait le mérite d'occuper son esprit.
L'appréhension, irrationnelle, se faisait en effet de plus en plus forte, comme si un énorme soucis allait débarquer sous peu. Et comme il ne tenait pas à y faire face tout de suite, il accéléra le pas, désireux de s'accorder un moment de répit.

Hélas, un éclaireur déboula soudainement dans le camp, à bout de souffle, les yeux paniqués ouverts comme si les paupières s'étaient fondues sous l'effet de ce qu'il avait aperçu. Boréalis grommela, se doutant que le « soucis » tant repoussé venait de lui tomber dessus, et pressa de suite le pas, se dirigeant cette fois vers le géant qui le cherchait encore du regard.


« Qu'y a-t-il, Mnor ? On dirait que tu as vu Brak en personne déambuler dans les bois et qu'il désirait te botter l'arrière-train ! »
L'éclaireur cligna des paupières plusieurs fois, comme s'il assimilait les propos et tentait d'en comprendre le sens, tandis que sa respiration heurtée se calmait lentement. La blague lui passa apparemment totalement au-dessus de la tête, et Boréalis commença à s'inquiéter sérieusement. Il en fallait beaucoup, pour terroriser à ce point un géant. Surtout un éclaireur de la trempe de Mnor...
- Des morts-vivants ! Partout ! Ils ont pillé toutes les terres humaines jusqu'à chez nous et ils ont commencé à ravager nos terres par l'Est et bientôt par le Nord. Le campement de chasseurs à l'Est a été réduit en poussière. Les femmes n'ont eu le temps que d'emmener les enfants. Elles arriveront d'ici quelques heures. Les hommes ont tenté de résister pour retenir l'ennemi, mais... Il y avait des dragons d'os, des fantômes énormes, et beaucoup d'autres plus petites créatures, toutes palotes et mortes. La puanteur... Les cris... Ils n'ont même pas eu le temps de prendre leurs armes... Je...
- Mnor ! Reprend toi ! C'était quand ? Et combien sont-ils ? Ont-ils poursuivi leur progression ?
- Je... Euh... *Le géant se secoua, chassant ses mauvais souvenirs* Ils arriveront eux aussi d'ici trois jours, si on ne les arrête pas et qu'ils suivent leur progression. Ils viennent de l'Est pour le moment et nous ont contourné par le Nord pour s'avancer dans les terres fertiles des humains. Quant à leur nombre, désolé, Boréalis, mais tu sais que je ne sais pas plus compter que toi. Je peux juste te dire qu'il y en a suffisamment pour que le ciel s'assombrisse et que trente de nos mâles les plus forts n'aient le temps de réagir. Ça te va comme estimation ?

Une bordée de jurons hurlés suivirent l'explication, Boréalis serrant les poings pour ne pas fracasser la première chose à sa portée, son congénère en l'occurrence, ce qui aurait été très fâcheux. Et quelques instants après, aussitôt que son contrôle lui revint, il tourna le dos au rescapé et fila vers la place centrale d'un pas aussi rageur que déterminé.
Là, il y hurla à nouveau, cette fois-ci clairement, mais non plus les injures qui l'avaient débordé plus tôt. Les ordres fusèrent... Des ordres clairs, secs, appris par cœur en cas d'agression extérieure. Des ordres qui avaient été calligraphiés avec soin dans le livre...
Ça aussi, Sibyllina l'avait prévu... La marche à suivre était très simple... Trop simple... Mais inéluctable. Et elle passerait par des pertes dans les rangs des géants.
Bien que fin stratège, elle ne pouvait avoir prévu, par contre, la taille des troupes ennemies... Etait-ce risqué de se lancer ainsi ? Avait-il un autre choix ? Les géants se devaient de défendre leurs terres contre un pillage ennemi ! C'était son devoir de Champion des champions ! Pour autant... Tellement de morts allaient survenir...
Frissonnant, il attendit un moment, près de l'âtre allumé en permanence qui servait de lieu de réunion lorsque les Anciens devaient statuer sur un problème important. Là, ils n'auraient pas ce loisir... Il fallait réagir vite... Et bien...
Tout à coup, il se rappela une discussion avec la semi-géante, un soir où elle lui confiait son admiration pour les peuples humanoïdes, leurs cultures... Qu'avait-elle dit exactement, déjà ? Quelque chose comme « un jour viendra où les géants devront se battre aux côtés de leurs voisins humains pour faire face à une menace commune. Et ce jour-là, les géants brilleront au combat et marqueront les mémoires humaines à jamais ».
Puisse-t-elle avoir raison...




Tous les géants en âge de combattre reçurent l'ordre du Champion des champions, l'Incontesté des Grands Roux, le « Vainqueur Après Sibyllina » (la Naine Rousse n'arrivait toujours pas à se faire reconnaître comme unique vainqueur malgré sa suprématie lors des duels qui l'avaient opposée aux fous suffisamment suicidaires pour la défier pendant l'année qui était passée) de se réunir en ordre de bataille. La nouvelle ne mit même pas une heure à circuler dans tout le territoire... Les Grands Roux étaient tellement à cran depuis les dernières mises en place fastidieuses et contraignantes de leur Cheftaine, tellement excités et en manque de confrontation depuis que les sous-clans avaient été réunifiés, que même les grands aigles ne furent requis pour que tous soient au courant. Les cris de guerre retentissaient partout dans les collines, des plaines sableuses des déserts jusqu'aux montagnes bordant la frontière ouest du royaume.
Oui, ça aussi, cela avait été prévu... Elle avait peut-être même compté dessus afin de stabiliser son pouvoir bicéphale (elle comme tête pensante, Boréalis comme tête agissante), pour légitimer Boréalis aux rênes de son clan pendant son absence.
Réunir tous les mécontents, les braves, les furieux et les ennuyés, sous une seule bannière, contre un ennemi commun...
Et voilà qu'on leur proposait en prime un ennemi honni... Car s'il y avait bien une race que les géants n'arrivaient pas à apprécier, pire que les humains méprisants et faibles, pire encore que les elfes arrogants, pire encore que les Célestiaux qui les regardaient de haut, c'était les mort-vivants ! Des aberrations ! Des nuisibles ! Des jeux d'osselet qui refusaient d'admettre qu'ils n'auraient jamais dû servir à autre chose que servir de hochet !
Les chamans apprenaient aux géants le respect des morts, des esprits. Mais ces esprits et ces morts restaient morts, eux ! Ils n'agissaient en bien ou en mal que selon les actes des vivants, aidant ou luttant contre ce qu'ils estimaient juste de là où ils étaient, ce monde immatériel.
Les morts qui refusaient d'admettre leur statut de mort n'avaient pas leur place en ce monde !


Avant même que les femmes et les enfants rescapés du camp des chasseurs n'arrivent, déjà les troupes s'assemblaient de façon hétéroclite autour de Boréalis, qui avait retrouvé pour l'occasion sa fidèle hache runique... Celle qui avait tué bien des champions avant que Sibyllina ne mette fin à ses victoires...
Cette fois-ci, elle devrait goûter des crânes des dragons d'os... En espérant qu'elle arrive jusque là !



Les premiers mouvements de « troupe » des géants commencèrent le soir même, sans plus de cérémonie. Ce n'était pas nécessaire... Les mots et les ordres non plus... Il suffisait à l'Incontesté de brandir sa hache et de faire un pas pour que tous le suivent d'un pas.
Ils marchèrent donc sans s'arrêter en direction du Nord, rejoints sans cesse par davantage de leurs congénères des deux sexes, tous furieux contre l'envahisseur qui osait les défier, contre cet ennemi contre-nature qui avait tué des leurs.
La haine et l'envie d'en découdre brillaient dans tous les yeux. La violence accumulée depuis l'avènement de la Naine Rousse allait enfin pouvoir s'exprimer sans retenue...
Mettant de côté son inquiétude momentanément, Boréalis sourit, éprouvant presque de la pitié pour les ennemis sur lesquels ils allaient charger d'ici le lendemain... Avant d'espérer que cela suffirait.

A sa droite, un autre titan, un ancien champion contestataire qui avait fini par accepter l'autorité de Sibyllina (un des rares à être doué de sagesse en réalité), fracassa ses deux poings armés chacun d'une hache à double tranchant sur son torse, provoquant un bruit aussi puissant qu'un coup de tonnerre qui se répandit dans les plaines alentours, se répercutant sur les arbres et effarouchant quelques oiseaux endormis à plusieurs centaines de mètres de là.
Il semblait galvanisé, presque en transe...
Boréalis caressa sa hache à deux mains, passant ses doigts gourds sur l'unique rune qui la décorait et lui évitait de sombrer en poussière malgré son âge...
Bientôt, lui aussi devrait se laisser aller à la rage... Mais pas maintenant... Il devait déjà estimer les forces adverses de ses propres yeux, préparer la contre-attaque à ce moment-là... Diriger un clan était une chose... Empêcher une meute de sauvages qui ne désiraient qu'une chose, venger leurs morts, en était une autre !
Le Champion des champions caressa une dernière fois la rune... Pourvu que cette dernière tienne encore pendant les combats à venir...

Il redressa enfin la tête, remarquant que tous ses congénères avaient ralenti à cause de ses sombres pensées, ces derniers se calquant sur son rythme et ses attitudes en tout.
Fi ! Il n'était plus temps de douter !
Il leva sa hache, puis fit un grand pas en avant, accélérant à nouveau la marche.
Les jours de non-mort des morts-vivants étaient comptés ! Foi de Grands Roux !


Dernière édition par Sibyllina le Jeu 11 Fév 2010 - 0:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: En bordure des Déserts Ardents   Mer 10 Fév 2010 - 21:27

[précision hors rp]
Spoiler:
 


Dernière édition par Sibyllina le Jeu 4 Mar 2010 - 19:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: En bordure des Déserts Ardents   Lun 22 Fév 2010 - 18:50

L'astre solaire se levait timidement, ensommeillé aux frontières de l'horizon, dardant de faisceaux paresseux les plaines qui s'étalaient dans toutes les directions. Les nuages, peu nombreux, s'effilochaient en trainées de coton qu'un enfant joueur aurait déroulé très haut dans le ciel, leurs couleurs changeantes passant du gris foncé de la nuit aux couleurs enflammées d'un lever de Soleil.
Les rouges, les roux, les oranges, les ocres, les ors, les roses pâles... Tous se disputaient la domination du cercle chromatique, sans qu'aucune des couleurs ne puissent établir son royaume plus que quelques minutes, le temps que les rayons lumineux submergent quelques plaines supplémentaires.
Loin, très loin au Nord, on pouvait apercevoir les montagnes qui bordaient la frontière Edhessiène, donnant ainsi un peu plus de relief à ce paysage aussi plat que répétitif, alternant de terres arides à des champs fraichement irrigués. Il était d'ailleurs à ce titre très facile de savoir lorsqu'on s'approchait d'une communauté humaine ou semi-humaine : il suffisait de constater à quel point le sol se transformait sous leurs petites mains fébriles.

Boréalis admira cet acharnement avec un petit sourire en coin, tentant d'imaginer les siens, de leurs grosses paluches maladroites, tenter de planter avec précision des légumes qui, de toute façon, n'auraient pas suffit à combler l'appétit d'un nouveau-né. Décidément, Sibyllina devrait réellement revoir ses stratégies quant à l'avenir...

A l'Ouest, d'autres plaines, et peu de mouvement... Pour le moment, c'était encore assez calme, dans cette région. Du moins en apparence...
A l'Est, même chose... Pourtant, l'Incontesté n'était pas dupe... Lorsqu'il lancerait la charge sur les troupes disséminées qui leur faisaient face, inconscientes encore du danger, il était probable que les renforts ennemis viendront de cette direction. Il s'agira alors de réagir vite et bien afin de faire face...
Quel dommage que les géants n'aient reçu la formation militaire dont parle si souvent son amie Naine Rousse... Boréalis imaginait pourtant des scènes épiques, ses congénères tenant fermement la ligne, réagissant au doigt et à l'œil... Il ne pouvait, sur ce point, que rejoindre l'avis de sa Cheftaine... L'instauration d'un service militaire s'imposera... Mais pour le moment, il était trop tard pour cela, il faudra donc faire avec...

Le titan roux tourna la tête vers les siens, qui tous s'accordaient quelques minutes de repos, du moins pour ceux n'ayant pas encore cédé à la rage. Les premiers étaient accroupis, assis, ou debout mais penchés en avant, mains appuyées sur les genoux, et ils semblaient comme évaluer le danger. La confiance irradiait dans leurs yeux, et Boréalis savait qu'il devrait à tout prix garder cette flamme allumée, encore plus que celle de la colère qui brûlait dans le cœur des seconds. Ceux-là se retenaient à grand mal d'hurler et de charger les morts-vivants qui rôdaient par petites unités de dizaines d'individus, l'énergie de la colère gonflant les veines et leurs muscles de façon grotesque. De véritables bêtes, plus sauvages encore que les amis Grands Loups avec qui les chamans discutaient de temps à autres... Plus sauvages et donc totalement impossible à raisonner.
Heureusement que tous, même inconsciemment, suivait LA Hache, la dernière relique de l'Âge d'or des Grands Roux.
Le jeune Champion des champions observa une dernière fois son arme, comme s'il souhaitait une réponse unique à toutes les questions qui l'assaillaient désormais.

Trop tard, là aussi... Réfléchir... Il devait garder le contrôle... Comme lorsqu'il avait défié les Champions ennemis, il ne devrait jamais totalement laisser la haine vaincre sa raison. C'était ce qui l'avait porté aux nues, ce qui lui avait permis de prendre un avantage décisif sur ses adversaires : être capable de trancher un crâne d'un revers tout en gardant suffisamment à l'esprit le devoir de se défendre et de réfléchir à sa position.
Non... Lui n'avait pas appris le grand art de la guerre à l'école militaire, comme Sibyllina avait pu tester... Lui avait appris à l'école de la vie, à se battre contre les congénères de son âge ou plus âgés, qui osaient se moquer ou frapper sa semi-géante adorée...
Foi de Grand Roux, Boréalis allait montrer aux Dieux qu'une formation n'était pas obligatoire pour vaincre ses adversaires !

La Grande Hache se leva, et, instantanément, tous les géants se figèrent, ceux qui se reposaient se redressant lentement, aux aguets...
Un geste souple, lent... Un arc de cercle dans les airs, silencieux, terrible, implacable... Tel un jugement divin qui allait être rendu...




Rapport d'une survivante (expurgé des sanglots, reniflements, moments de doute) :
Nom : Mélambrine. Âge : 13 ans. Fille de marchands de tissu.
« J'étais enfermée avec mon petit frère, à la maison. Maman nous avait recouvert de tissus pour que les méchants ne nous sentent pas. Nous devions ne pas hurler, quoi qu'il arrive, et attendre que quelqu'un nous trouve.
Maman avait été très claire lorsqu'elle avait fini de déplacer les meubles pour concevoir une sorte d'abris pour nous... Elle et papa ne reviendraient jamais. Ils allaient tenter d'attirer les méchants plus loin, pour qu'ils ne nous trouvent pas. Je ne voulais pas, mais Maman m'a expliqué que jamais ils ne nous quitteraient réellement, qu'ils continueraient de veiller sur nous, et qu'il ne fallait pas qu'on les suive. Elle m'a ordonné de prendre soin de Maxime, qui dormait encore à moitié, puis nous a embrassé. Et elle est partie...

Pendant... Longtemps, peut-être deux jours ? Les cris ont été de partout. Des cris inhumains, et des cris humains. Y a eu des grattements à la porte, et quelque chose l'a défoncé avec grand bruit. Mais on n'a pas hurlé, on n'a pas bougé. Un méchant est entré, il a regardé un peu partout, puis il est reparti, sans nous voir.
Dehors, ça puait... Je ne sais pas quoi, mais ça ne sentait pas bon. Maxime s'agitait, j'ai eu du mal à lui faire comprendre qu'il ne devait pas se mettre à pleurer...

Au bout de deux jours, alors que les cris étaient finis, que seuls restaient des bruits bizarres, comme des grattements un peu partout – je crois que les méchants tentaient de récupérer des choses, ou bien mangeaient les cadavres. Je ne suis pas sûre, je ne suis pas allée voir... - la terre s'est mise à trembler. Comme ça, tout d'un coup ! D'abord pas fort, comme un léger bourdonnement. Puis ça a augmenté, jusqu'à devenir très fort. Dehors, les grattements se sont arrêtés et les méchants ont semblé perturbé. En tout cas, les ombres que je devinais à la fenêtre tournaient en tout sens, comme cherchant quelque chose.
J'avais peur... Mais les méchants aussi. Alors je me suis mise à espérer. Peut-être était-ce les secours ? Une charge de cavalerie ? Combien faudrait-il de cavaliers lourds pour faire trembler la terre autant ? Au moins une armée entière !
Maxime a senti que je reprenais confiance, et il a commencé à poser des questions sur ce qu'il se passait, à voix basse. Je lui ai ordonné de se taire, mais pas assez vite...
Deux méchants nous avaient entendu et se dirigeaient vers la maison. On s'est figés instantanément, et on a attendu, en espérant que les cavaliers arriveraient à temps. Ce serait trop bête... Trop bête de mourir maintenant...

La face livide de squelette qui nous cherchait dardait ses orbites vides dans toutes les directions, et Maxime paniqua. Un simple hoquet...

Après, je ne sais plus trop... J'ai fermé les yeux quand le squelette a bondi dans notre direction, et plein d'énormes bruits ont retenti... Ça hurlait de façon inhumaine, dehors. Des hurlements si puissants que la terre n'en tremblait que plus. Tous les objets accrochés au mur sont tombés, dont la rambarde de l'escalier sous laquelle on s'était cachés...
Quand j'ai rouvert les yeux, le squelette s'agitait en tous sens, à demi détruit, la rambarde étant entrée dans son corps, le brisant en deux. Maxime s'est mis à rigoler... Et là, le deuxième squelette, qui était resté à la porte jusqu'ici, s'est retourné. J'ai cru que c'était une blague des dieux, et qu'elle était pas drôle ! J'ai voulu alors me lever pour fuir, j'ai forcé sur mes jambes mais... La rambarde avait coincé les meubles qui étaient posés devant nous. Je n'arrivais plus à sortir.

Et là... J'ai pas compris... Y a eu un autre grand bruit... Je crois avoir vu un marteau énoooorme pulvériser la façade de la maison et exploser le squelette dans le même mouvement. Et quelques secondes après, une jambe, immense.
La terre tremblait moins, et les hurlements redoublaient. C'étaient des hurlements... Pas d'humains, mais... De géants, je crois. En tout cas, la jambe que je voyais à travers la partie de la maison qui avait été ouverte par un coup de marteau était géante !

J'ai hurlé, hurlé ! Il fallait qu'on nous sorte de là ! Des morts-vivants, puis des géants ! C'était trop ! J'ai pas obéi à Maman, j'ai hurlé et j'ai tenté de toutes mes forces d'écarter les meubles.
Une main est apparue, immense, sous la façade détruite, puis une tête, une groooosse tête avec des yeux surpris. Maxime a rigolé et fait coucou, tandis que je m'étais figée à nouveau, pétrifiée sur place par la terreur. La grosse tête a souri en retour à Maxime, puis la main s'est approché et a négligemment écarté les meubles qui nous gênaient... Puis il est parti, comme ça... »



Boréalis regarda la scène qui s'étalait devant lui, fier de son peuple... Les quelques rares survivants ennemis n'arrivaient pas à fuir la vindicte de ses géants, écrasés comme de vulgaires insectes sous les pieds, mains, marteaux, rochers balancés à toute volée, ou bien tranchés par les haches et épées à deux mains.
Facile...
Oh, ils avaient eu quelques pertes... Minimes... Une vingtaine de blessés légèrement qui recevaient déjà les soins des quelques chamans présents, et trois morts en tout...
Il faut dire qu'une fois l'effet de surprise passé, les morts-vivants avaient réagi très vite...

Au début, ils déambulaient par paquets de dix à vingt, sans réel but avoué, et la charge des Grands Roux semblait les avoir totalement désarçonné, si bien que durant les premières minutes du combat, plusieurs centaines d'ennemis furent réduits en poussière sans réaction de ces derniers.
Puis il y avait eu la réaction attendue... Ils s'étaient alors très vite assemblés en groupes plus gros, et défiaient les géants en un contre un, paquet d'une centaine d'individus contre un géant, tentant de prendre leurs adversaires au dépourvu en bondissant de cachettes improvisées.
Deux morts... C'était là que deux géants étaient tombés, surpris par cette tactique nouvelle.

Le titan se remémora la scène avec douleur et dégoût, sachant qu'il était malgré tout nécessaire de comprendre pour mieux pouvoir lutter lors de la prochaine attaque qui ne saurait tarder. La bataille avait été gagnée, aisément, même, mais la guerre ne faisait que commencer...
C'était un géant de taille moyenne, armé d'un marteau énorme, comme beaucoup de ses confrères. Il s'était engagé dans les rues d'un petit village aux trois quarts en ruine, traquant comme un enfant les squelettes et zombies qui semblaient s'être agglutinés à cet endroit. Boréalis le suivait du regard, car il appréciait cet individu. Une brute au cœur d'or, capable d'actes aussi stupides que généreux. Nul doute qu'il avait décidé de détruire toute trace ennemie dans le village et de chercher s'il y avait des survivants... Une personne comme il en faudrait bien plus pour espérer améliorer les relations diplomatiques des Grands Roux avec leurs voisins...
Tout à coup, tout se passa très vite... Ils jaillirent de toutes les directions à la fois, parfois provenant même des toits, par dizaines, à une vitesse effarante. Ils recouvrirent le géant en l'espace de trois secondes, et tous ses gestes désordonnés pour tenter de se débarrasser de ces vulgaires parasites ne servirent à rien...
Il s'agita ainsi jusqu'au bout... Même quand il se mit à hurler tandis que les mains squelettiques, les dentiers pourris, les lames rouillées ou brisées s'enfonçaient dans sa peau épaisse, puis dans ses muscles...

Boréalis n'arriva pas à temps... Quand il acheva le dernier mort-vivant présent sur place, la mort avait déjà recouvert d'un voile terne la pupille restante du géant allongé au sol, un rictus de terreur sur le visage...

Oui, cette guerre ne faisait que débuter, c'était certain...
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MessageSujet: Re: En bordure des Déserts Ardents   Jeu 4 Mar 2010 - 18:15

[hrp] Suite en cours de rédaction, ce qui permettra ENFIN à Hélèna de faire la jonction de nos rp.
Informations malgré tout, en spoiler : [/hrp]
Spoiler:
 


Dernière édition par Sibyllina le Jeu 4 Mar 2010 - 23:28, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: En bordure des Déserts Ardents   Jeu 8 Avr 2010 - 15:55

Plusieurs milliers... Boréalis avait du mal à conceptualiser un tel nombre... A vrai dire, dés que ça dépassait les doigts de ses deux mains ou l'équivalent de ce que son estomac pouvait contenir, tout devenait obscur, flou, enveloppé d'un brouillard de logique étrange, rendant impossible toute imagination de la quantité. Et pourtant, il savait que cela représentait un très grand nombre... Par comparaison, le chaman lui avait expliqué qu'une ville d'humains et semi-humains mélangés dépassait rarement les milliers d'habitants tenant sur une main... Or, c'était quasiment l'équivalent en zombies et squelettes que les géants, galvanisés par l'esprit de vengeance, avait écrasé ce matin, dans un élan aussi violent qu'irrépressible.
Une ville complète de morts-vivants, nettoyée définitivement...
L'Incontesté restait perplexe... Comment pouvait-on lever une pareille armée en si peu de temps ? Surtout qu'il savait au plus profond de lui que ceux qu'ils avaient détruit ne représentaient en réalité qu'une fraction négligeable des forces ennemies ! Qui pouvait avoir un tel pouvoir pour, à lui seul, réveiller autant de défunts et les pousser à la haine du vivant ?
Le chaman n'avait su répondre... Tout au plus il avait su dépister une grande magie à l'œuvre, dont les fils s'entremêlaient étrangement, comme si plusieurs sources participaient à l'effort de cohésion des cadavres ambulants. Ce qui pouvait tout aussi bien signifier que plusieurs chefs ennemis étaient en cause, comme d'un seul dirigeant des esprits maudits suffisamment puissants pour, eux-mêmes, garder le contrôle sur les troupes innombrables. Une sorte de pyramide des pouvoirs, en quelque sorte...
Non, clairement, tout ceci dépassait Boréalis... Ce n'était vraiment pas sa tasse de thé... Vivement que l'armée adverse se pointe enfin, qu'il cesse de se poser des questions et puisse réfléchir posément...

Deux heures s'étaient écoulées depuis le début des combats... Deux heures pendant lesquelles le peuple des géants s'était éparpillé à la poursuite des fuyards... Ce qui n'engageait rien de bon, d'un point de vue tactique. Et même s'il n'était aussi doué que son amie Sibyllina, le Champion des champions se doutait que laisser ainsi la situation risquait fort de les amener à leur perte lorsqu'enfin les organisateurs de tout ce bazar se montreraient.
Il leva donc sa hache, droit sur ses jambes, noble dans sa pose, la lumière se réfléchissant sur le métal en tout sens. Il inspira lentement, gonflant sa cage thoracique à son maximum, puis, tout en gardant l'arme levée vers l'astre solaire, il poussa un cri maîtrisé, prévu pour durer de longues secondes à un volume suffisamment puissant pour couvrir des centaines d'âcres dans toutes les directions. Un cri de ralliement autour du porteur de l'arme...
Ses propres oreilles bourdonnaient, pendant que l'air s'échappait de sa gorge, désirant s'échapper de ses poumons vibrants eux aussi sous les vibrations sonores.
Puis vint le moment où l'air lui manqua, le cri s'éteignit... Mais la Hache restait brandie, véritable drapeau aux yeux de ses congénères qui, déjà, commençaient à répondre par d'autres cris, faisant circuler le message aux géants les plus éloignés.

Il fallait les rassembler... Rapidement... Son instinct de combattant lui dictait sa conduite avec clarté, depuis la veille au soir. Tournant la tête vers les chamans réunis autour des quelques blessés, – un camp de fortune avait été improvisé en plein milieu des collines – il ordonna de façon simple et précise que tous se réunissent en une ligne face à l'horizon Est, par groupes d'une dizaine d'individus qui chacun serait dirigé par un titan, véritable montagne vivante de muscles, champions et ex-champions pour la plupart. Chaque champion dirigeant son groupe se devra ensuite de garder en permanence un œil sur la position de la Hache, l'arme ancestrale. Une hache levée au ciel signifierait un ralliement immédiat souhaité. L'autre main levée intimera à une attente sur place de nouvelles consignes. Une hache voltigeant dans les airs à la recherche d'ennemis donnerait la permission d'un combat acharné. Et enfin, une hache dirigée dans une direction pour forcer à une retraite rapide.

En espérant que tous retiennent ces signaux simples, Boréalis se permit une petite prière discrète pour Brak, même s'il savait que son amie Naine Rousse détestait ça. Un petit coup de pouce divin ne serait pas de trop...


Les Grands Roux formaient la ligne comme demandé, un champion à la tête de chaque groupe... Une cinquantaine d'entre eux dirigeaient des groupes d'une petite dizaine d'individus. A voir ainsi, cela paraissait pourtant simple, comme formation. Mais l'obtenir n'avait pas été une partie de plaisir. Quand une centaine de titans et colosses se disputent la suprématie, le pouvoir de régner temporairement sur quelques uns de leurs congénères, ça virait plus rapidement à la foire d'empoigne qu'à de saines discussions posées pour savoir qui avait le plus de sens tactique... Et il avait fallu des arguments « musclés » pour raisonner certains d'entre eux... Qui servaient désormais de ligne arrière parmi les blessés. Fichues mentalités...
Au loin en face, et venant en effet de l'Est, l'armée ennemie commençait à se profiler lentement... Non pas parce qu'elle progressait à ce rythme, bien au contraire, mais parce qu'une sorte de brume enveloppait perpétuellement les rangs.
Boréalis remerciait que le Soleil soit désormais suffisamment haut dans le ciel pour ne pas l'aveugler alors qu'il tentait de discerner les créatures contre lesquelles ils devraient bientôt se battre.
Certaines d'entre elles émergeaient déjà des volutes blafardes, de par leur taille, les plus grandes atteignant presque la taille des géants. Heureusement, elles semblaient moins nombreuses que les forces réunies sur la plaine.

Tout à coup, l'Incontesté, dont la hache était levée tout comme son autre bras depuis quelques minutes déjà, ce qui commençait d'ailleurs à lui soutirer quelques courbatures, eut une vision plus limpide des forces ennemies... La brume n'en était pas une...
Combien pouvaient-ils être ? Moins nombreux que les squelettes et les zombies vaincus auparavant, encore que cela n'était même pas assuré, tellement ils s'agitaient en tout sens, volant dans les airs de façon chaotique, comme retenus par une force invisible les empêchant de se précipiter à toute vitesse vers leurs ennemis, laissant sur place les monstres imposants plus lents.
Plusieurs centaines ?
Un chaman, à droite non loin de Boréalis, commençait à suer et à hésiter, lui aussi tentant d'estimer l'adversaire.

« Rappelez vous qu'ils sont déjà morts une fois. Il ne tient qu'à nous et à la volonté des Dieux qu'ils retournent au néant d'où ils n'auraient jamais dû sortir !
Soyez braves, Grands Roux ! L'ennemi est nombreux et possède apparemment beaucoup de créatures éthérées. N'oubliez pas qui vous êtes ! D'où vous venez ! Vos armes PEUVENT blesser de tels êtres ! Il vous suffit de le vouloir !
Ils ne seront pas plus difficiles à terrasser que les sacs d'os que nous avons pulvériser !
Quant aux gros tas de chair informes qui se dressent au-dessus de la mêlée, laissez les plus forts s'en charger !
»
Le Champion des champions, qui avait senti la nécessité de prendre la parole avec force et conviction pour rallumer la flamme de confiance de ses congénères, fit une pause, remplissant ses poumons d'un air qui serait sous peu vicié.
« N'oubliez pas, frères et sœurs d'armes ! Aujourd'hui, les Grands Roux vont montrer à ce monde qu'ils n'ont besoin de personne pour assurer leurs frontières !
Quand nous pourrons respirer l'air qu'ils corrompront, alors, mes frères et sœurs, nous chargerons ! Et nous les écraserons !
»
Un concert de hurlements répondit à sa dernière déclaration.


Le temps s'effilocha à partir de ce moment-là de façon insupportablement lente... Des dragons d'os étaient apparus par dessus d'autres défunts de haute taille, tels des ancêtres protecteurs ou des maraudeurs éthérés. Les âmes errantes, esprits damnées, dames blanches poursuivaient leurs danses absurde, bourdonnant autour des créatures de grande taille. Leurs cris s'amplifiaient à mesure qu'ils se rapprochaient, toujours à la même cadence, un pas rapide et inéluctable, non retenu par la fatigue, le doute, et au contraire motivé par la haine de tout ce qui vit.

La Hache et le bras toujours levés, Boréalis attendait... Ce qu'il attendait, il n'en était pas convaincu lui-même... Il cherchait peut-être un signe, un miracle, quelque chose qui aurait pu l'aider à se décider...
Si son peuple en armes à ses côtés bouillonnait de rage et d'envie de se battre, lui savait que les défunts étaient trop nombreux, trop puissants pour être vaincus seuls. Ses craintes s'étaient toutes avérées fondées. Il se rappelait des conseils de Sibyllina, écrits de sa plume fine et adroite... Il se rappelait ce qu'il avait à faire à partir de maintenant. Et pourtant, son cœur se serrait, sa gorge se nouait.
Un masque impassible cachait son inquiétude et ses doutes, afin de ne pas perturber les autres.
Les « courtes-jambes » arriveraient-ils vraiment à temps ? Les estimations de Sibyllina pouvaient-elles être valables alors que fondées sur de simples suppositions et calculs stratégiques réfléchis à froid, loin de tout contexte ? Et surtout... Combien des leurs ne verraient pas le Soleil se coucher ce soir ?

Le bras gauche se baissa lentement, comme animé de sa propre raison. L'Incontesté, dont le regard fixait les dragons d'os se déhanchant maladroitement à quelques centaines de mètres de là, observa son propre corps agir, comme détaché de tout ce qui l'entourait.
Bientôt, la hache s'abattrait avec violence et s'arrêterait à mi-parcours, donnant l'ordre de la charge... Bientôt, des centaines de géants se mettraient à courir vers une mort certaine... Bientôt, les dragons d'os, aidés par les esprits voltigeant, déchiquetteraient la chair des siens.

Le mouvement ne fut pas celui qu'il avait prévu... Non, son corps avait réagi d'une façon toute autre.
Il se sentit se tourner sur le côté, lentement, puis basculer en arrière... Il sentait les regards de son peuple tout autour de lui, des centaines de personnes qui possédaient un cœur battant encore, des familles, un avenir...
Il se redressa d'un bloc, violemment, et sa Hache partit à une vitesse impressionnante en ligne droite, tournant sur elle-même si rapidement qu'elle donnait plus l'illusion d'un disque de métal affuté qu'une arme projetée.
Et avant même qu'elle ne soit arrêtée par le crâne d'un dragon d'os qui, sous l'impact, explosa en plusieurs morceaux, le reste du corps se disloquant instantanément, le Champion des champions s'était élancé, à toute allure.

En quelques bonds, il fut sur l'ennemi, les âmes errantes manquant de lui faire perdre l'équilibre sous leur vacarme assourdissant et leurs griffes molles et froides plongeant dans ses muscles.
Sans se soucier le moins du monde de ces dernières, il reprit sa hache et, sans attendre davantage, commença à tailler directement dans les forces ennemies.
Derrière lui, un autre vacarme prenait naissance. Les Grands Roux chargeaient, les yeux emplis de rage, et leurs cris de guerre réussit, pendant les premières secondes avant l'impact entre les deux armées, à couvrir les plaintes des défunts.


Un coup à droite, de bas en haut. Trois damnés renvoyés dans leur tombe, un maraudeur repoussé.
Un coup de pied dans la même direction. Maraudeur projeté au milieu d'Ancêtres protecteurs. Situation nettoyée de ce côté.
Coup de coude arrière. Un autre Maraudeur repoussé, crâne défoncé.
Tour sur soi-même, coup de hache rapide de droite à gauche. Crâne défoncé du Maraudeur séparé du corps.
Tour sur soi-même en utilisant l'énergie cinétique du coup précédent, bond en balançant l'arme de bas en haut. Attaque du dragon d'os repoussée. Une âme errante tranchée au passage.
Atterrissage suivi d'une projection en avant, entre les jambes du dragon d'os. Ne pas lui laisser le temps de contre-attaquer. Violent coup de poing dans l'articulation de la pâte avant gauche du monstre. Déséquilibre momentané du dragon. Deux pas en avant, sortir de sous le corps de l'ennemi. Quart de tour. Poussée violente de l'épaule pour achever le déséquilibre de la carcasse osseuse. Il vacille. Violent crochet de la hache dans la pâte arrière gauche afin de la sectionner et d'empêcher les griffes de cette dernière de rétablir la bascule. Il oscille.
Quart de tour. Coup de pied retourné dans le flanc.
Il tombe !
Un bond sur le côté, moulinets de hache. Deux dames blanches pulvérisées, un Maraudeur repoussé.
Un autre bond en direction du cou du dragon d'os à terre, coup de hache de bas en haut. Une autre dame blanche vaincue. Attaque d'un Ancêtre protecteur prévu d'ici deux secondes dans l'épaule gauche. Plus de temps qu'il n'en faut.
Hache abattue de toutes les forces. Section du cou du dragon d'os. Dislocation de ce dernier. Violent coup reçu dans l'épaule gauche. Rien de cassé.
Demi tour, coup de poing à la volée. Un Ancêtre repoussé...

Tout autour, la bataille faisait rage, les champions tentant de maintenir la cohésion de leur groupe tout en se battant contre les dragons d'os. Seuls eux étaient de taille à résister contre ces monstruosités plus grandes et plus résistantes qu'un titan. Résister, mais pas lutter.
Déjà quelques uns d'entre eux avaient plié genou à terre définitivement, laissant leur groupe respectif dans la tourmente et le chaos. Les Maraudeurs et les Ancêtres étaient déjà de durs adversaires, protégés qui plus est par une myriade d'esprits aussi rapides que petits, et donc difficiles à toucher. Les Dragons d'os, eux, étaient d'un tout autre niveau... Peu d'entre eux avaient été détruits, et encore la moitié des vaincus n'était due qu'aux exploits de l'Incontesté et de sa Lame.
La panique n'envahissait pas encore les consciences des Grands Roux, la plupart trop déconnectés de la réalité de part leur entrée en frénésie pour se rendre compte que leurs congénères mourraient plus vite que leurs adversaires.

Boréalis sentit le vent tourner... Son instinct lui dictait de se désengager...
Quelques coups précis et guidés par ses talents innés de combattant, et il libéra une voie de sortie. Quelques bonds rapides, et la mêlée se trouve soudain dans son dos, et non plus l'immergeant.
Il se rend compte que son souffle est court, qu'un grand nombre d'estafilades parsèment sa peau qui a viré de la couleur roche flamboyante au gris terne, son sang comme de la lave s'échappant par les blessures gelant presque au contact de l'air.
L'air est froid... Glacial, même... Il n'en avait pas non plus pris conscience jusqu'à maintenant.
Un regard à droite... Un à gauche.
La situation était on ne peut plus défavorable.
Les Grands Roux étaient submergés, les Dragons d'os broyaient champions après champions, quand ils ne leur tranchaient pas la tête d'un violent coup de crocs, les Ancêtres protecteurs et les Maraudeurs isolaient les groupes privés de leur chef et les harcelaient de toute part.

Une débâcle...

Non ! Pas encore !

Boréalis fit encore un bond de côté, reculant davantage de ses ennemis, puis poussa son hurlement de ralliement, sa hache dressée vers le ciel.
Une seconde... Deux dragons d'os l'avaient repéré et se dirigeaient vers lui.
Deux secondes... Une quinzaine d'esprits l'entourait et tentaient de couvrir son hurlement par les leurs...
Trois secondes... Un des deux dragons d'os arrive à portée de frappe. Le coup de gueule ne tardera pas.
Quatre secondes... Violent pas de côté. Des crocs claquent dans le vide à un mètre du bras de Boréalis.
Cinq secondes, et il abat la hache dans la direction opposée aux ennemis... Avant de se retourner et de s'abaisser, préparant un coup de poing de bas en haut pour repousser le Dragon d'os.
Six secondes... Les champions ont compris et hurlent la retraite. Les plus courageux d'entre eux campent sur leur position, permettant aux plus faibles et aux chamans d'emporter le maximum de blessés. Le coup de poing rate sa cible, le dragon a esquivé. Ils apprennent... Et retiennent !
Sept secondes, une pâte remplie de vilaines griffes se dirige dangereusement vers le visage de Boréalis. Ne pas reculer, avancer ! Pour couvrir la retraite ! Un bond en avant, violent coup de genou dans la cage thoracique de l'adversaire. Saut en hauteur pour esquiver la réplique de l'autre pâte toute aussi couverte de griffes, coup de hache de gauche à droite. Estafilade sur le crâne du dragon, quelques dents en moins. Recul de l'ennemi.
Ça suffit !

Le titan roux fit de suite quelques bonds agiles en arrière puis, dans le même mouvement, se retourna et entame une course éperdue, rejoignant ses troupes qui se retiraient du champ de bataille.

Quand l'ennemi était trop fort, il fallait être le plus malin ! Et fuir n'était en rien un acte de lâcheté quand sa vie était en jeu. Autant revenir en s'étant assuré de sa victoire future !
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MessageSujet: Re: En bordure des Déserts Ardents   Jeu 8 Avr 2010 - 16:32

Sibyllina et Dartoil continuaient de gagner du terrain sur les armées en mouvement, se déplaçant aisément et rapidement malgré les précautions prises. Comme les ennemis semblaient particulièrement concentrés à tenter de massacrer les quelques géants qui tentaient de les ralentir, il était peu probable que l'un d'entre eux regarde à l'Ouest et puisse remarquer deux formes assez lointaines, fugaces et furtives, qui les tentaient de les devancer.
Néanmoins, la semi-géante restait au mieux sous la protection des ombres environnantes, ne cherchant pas non plus à s'exposer inutilement.
Le Célestial, quant à lui, poursuivait son vol assez lâche, se calquant sur le rythme de son amie terrestre. Il profitait de ce calme relatif et provisoire pour observer plus avant ce qu'il avait remarqué il y a quelques minutes dans le but de s'assurer s'il avait bien compris la situation.

Sur les plaines, les créatures monstrueuses des morts-vivants avançaient le plus rapidement qu'elles pouvaient, ralenties fortement par la maladresse de certaines qui, tantôt osseuses, tantôt mal formées, n'avaient pas été conçues pour des attaques rapides mais plus pour des sièges ou des combats où il fallait tenir sa position et massacrer / détruire le maximum de choses en un minimum de temps.
L'ensemble semblait très hétéroclite, la logique d'un tel rassemblement semblait difficile à cerner de prime abord. Mais Dartoil était loin d'être novice dans les guerres et il connaissait plutôt bien les monstres revenus d'outre-tombe. C'était, en quelque sorte, une de ses spécialités...
Des dragons d'os, dont quelques très rares dracoliches qui semblaient diriger l'assaut, dominaient de loin le champ de bataille et représentait le danger le plus important. Par ailleurs, ces dernières étaient celles qui, de temps en temps, invoquaient leurs membranes éthérales pour faire un bond majestueux dans les airs, gagnant quelques centaines de mètres, frappant les géants en fuite, avant d'attendre d'être rejointes par leurs alliés, et ainsi de suite. Chacune de ces initiatives, preuve s'il en était d'intelligence et de liberté d'action, mettait en fuite un des groupes de titans qui tentaient de tenir une ligne défensive fortement malmenée, quand elle ne venait carrément pas à bout d'un ou de deux d'entre eux.
Venaient ensuite, juste en taille, des morts-vivants de très grande taille, allant de squelettes de géants à des esprits protecteurs si puissants et lourdes que leur densité dans le monde matériel équivalait presque à celle des vivants. Des maraudeurs éthérés et des Ténébreux, les premiers planant lentement au dessus du sol, les seconds se déplaçant mécaniquement et sans peine malgré leurs lourdes armures bardées de runes, complétaient les troupes de choc.
Enfin, il y avait un bon nombre de différents esprits plus ou moins puissants, tous enragés et voltigeant dans les airs à une telle vitesse qu'on discernait parfois avec difficulté les troupes qui se trouvaient sous eux, comme si une brume malsaine recouvrait les plaines.

Devant eux, à quelques dizaines ou centaines de mètres selon les groupes, des géants de très grande taille tenaient donc en effet une ligne, menés apparemment par le plus grand d'entre eux qui les guidait au clair de sa Hache, aussi monumentale que lui. Il était net que ce chef savait qu'il était totalement inutile de rester trop longtemps sur place, que ses maigres troupes ne suffiraient pas à ralentir plus de quelques minutes leurs adversaires s'ils en venaient à la confrontation directe.
Il avait donc opté pour une technique de guérilla particulièrement vicieuse mais qui avait maintes fois fait ses preuves : celle de la fausse fuite en avant, avec une arrière-garde d'élite capable de pulvériser les fous qui oseraient se détacher des rangs de l'armée poursuivante, dans le but de permettre au reste de l'armée de se replier et de créer une zone défensive leur redonnant l'avantage qu'ils avaient sûrement perdu peu de temps auparavant. Et si certaines dracoliches parvenaient parfois à emporter dans la Mort un ou deux titans lors de leurs attaques-éclair, la réciproque était valable.
Alors que Dartoil planait à assez haute altitude, tout à son observation, il put observer avec quelle puissance, détermination et efficacité le chef des géants n'était pas seulement que grand et charismatique, sa hache démesurée séparant d'un geste net et précis le crâne du corps d'un des dragons-mages qui s'était montré trop confiant en ses réussites précédentes.

Quand Sibyllina fut enfin bien placée pour pouvoir partir en sprint jusqu'aux groupes de géants défenseurs, sans pour autant s'arrêter de courir, elle fit un geste à Dartoil afin qu'ils puissent s'organiser.
En quelques mots et gestes rapides, la chose fut faite, les deux coéquipiers étant sur la même longueur d'onde dés lors que le Célestial eut rapporté ses dernières observations.

C'est alors qu'ils allaient se précipiter dans les plaines pour que la Cheftaine des géants puisse enfin se tenir au courant des dernières nouvelles et surtout aider à la stratégie, que Dartoil les aperçus le premier. Il perdit très vite de l'altitude et héla sa partenaire, lui indiquant une direction.

Au loin, très à l'Ouest, des points dans le ciel volaient en arcs de cercles très ouverts... Des dragons... Par petits groupes mais suffisamment nombreux malgré tout.
Ainsi, les renforts espérés seraient bien là !

C'est avec plus d'espoir et un courage remonté à bloc que la Naine Rousse s'élança dans une de ses courses les plus rapides jamais menées jusqu'ici.
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MessageSujet: Re: En bordure des Déserts Ardents   Jeu 8 Avr 2010 - 16:57

Boréalis réfléchissait à toute allure. Dés qu'il reprenait sa course, en réalité, son cerveau se mettait en ébullition. Loin d'avoir cédé à la rage qui avait animé certains des siens durant les combats précédents la fuite générale, il avait réussi à garder, une fois de plus, la tête froide et l'esprit clair. Et tant qu'il n'avait pas à se battre pour ralentir les dragons d'os ou quelques esprits un peu trop vaillants, il en profitait pour tenter de trouver une solution au problème.

Et le problème pouvait se formuler ainsi : Comment, avec environ 250 géants et titans réunis, soit presque la moitié des troupes initiales, pouvait-on réussir à vaincre une armée de morts-vivants comportant à la fois des créatures éthérales, ce qui demandait une très grande concentration et confiance en soi pour réussir à les blesser ou les détruire, des créatures osseuses aussi grandes et puissantes que ses congénères géants, et enfin des dragons défunts, certains possédant même encore quelques aptitudes qu'ils avaient eu de leur vivant ? Des squelettes par milliers, c'était facile à gérer ! Des esprits par milliers, ça allait encore ! Des squelettes géants, passe ! Mais en plus, il fallait qu'il y ait ces monstruosités capables de souffler des cônes de magie pure qui vous décapait un titan en quelques secondes !

Bien qu'il espérait des renforts humains, comme l'avait prédit Sibyllina dans son livre, il préférait ne pas compter dessus et c'est donc pour ceci qu'il tentait de trouver une tactique permettant aux siens de se tirer d'affaire définitivement. L'idée du sacrifice de la ligne de défense pour emmener l'armée ennemie dans une direction différente de celle choisie par son peuple passait par moment en coup de vent parmi les suppositions qui lui venaient, tantôt rejetée par fierté, tantôt mise de côté comme solution de dernier recours.

Non, les pensées de l'Incontesté n'étaient pas des plus gaies...
Il faut dire qu'il avait déjà vu beaucoup des siens mourir aujourd'hui. Et si, jusqu'ici, les géants s'étaient entre-tués joyeusement dans des guerres fratricides, jamais ô grand jamais, les pertes ne s'étaient montrées aussi élevées que ce jour-ci. Son cœur, meurtri, qui battait à tout rompre sous l'adrénaline qui le maintenait dans un état d'alerte permanent, se serrait dans sa poitrine à chaque fois que les images de ses amis s'imposaient à lui, venant perturber le fil de ses réflexions.

Au bout de plusieurs dizaines de minutes, alors que des douze groupes de cinq titans et colosses qui avaient accepté de servir de ligne arrière, il n'en restait plus que dix, dont certains réduits d'un ou de deux membres, deux stratégies seules avaient fini par obtenir le privilège de trôner dans la tête du Champion des champions :
La première, celle qui allait être mise en place de suite, représentait un défi impressionnant pour son peuple... Et la seconde, celle du sacrifice, ne serait mise en place que si la première serait refusée par son peuple.

Alors qu'il courait à vive allure, suivis de ses quatre compagnons de guerre, des fiers guerriers qui avaient survécu ici autant grâce aux miracles que faisait Boréalis sur le terrain que parce qu'ils étaient eux-mêmes particulièrement entrainés, il leva sa hache haut au-dessus de lui, avant de prendre une grande inspiration. Immédiatement, ses quatre ailiers se mirent en position autour de lui, à la fois prêts à écouter comme à le défendre pendant qu'il donnerait ses ordres. Aucun doute n'avait droit de citée dans les yeux de ces titans qui avaient toute confiance en leur Chef.


« Sdrax ! Tassid ! Vous qui êtes intelligents et bons chasseurs, vous allez rejoindre les nôtres et leur demander de préparer un terrain en notre faveur ! Ce n'est pas bien difficile, vous faîtes comme si vous vouliez chasser les rhinocéros ou les vers géants des montagnes ! Vous me trouvez donc un lieu suffisamment grand et bien aménagé pour qu'on puisse réduire le nombre d'attaquants sur chacun de nos défenseurs ! Ensuite, vous me confectionnerez le maximum de pièges que vous pourrez !

M'nor ! Tu vas partir tout de suite en éclaireur voir si les humains réagissent enfin ! Tu ne t'attardes auprès des nôtres. Tu files aussi loin que tu peux ! Et si tu croises un « court-sur-pattes », tu le mets au courant et tu tentes de nous amener des renforts en temps record.

C'est bon ? Tout le monde a compris ? Aller !
»
Pendant qu'il avait ainsi parlé, Sdrax et Tassid, les deux titans les plus âgés qui fermaient la ligne défensive, hochèrent de la tête et se mirent à courir de toute leur énergie restante, laissant sur place les quelques esprits qui s'étaient approchés. Si on avait pu lire la surprise dans les orbites vives, il y aurait sans doute eu à rire de la scène... Dans un autre contexte...
M'nor, un des géants du groupe de Boréalis, ne perdit même pas le temps de montrer qu'il avait compris, accélérant lui aussi la cadence et, en quelques enjambées, mettant plusieurs dizaines de mètres d'avance sur les défenseurs qui resteraient pour continuer de gagner du temps.

Le temps... C'était bien la première fois que Boréalis se rendait compte à quel point cette notion si abstraite et sans intérêt pouvait devenir vitale et précieuse...
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MessageSujet: Re: En bordure des Déserts Ardents   Ven 30 Avr 2010 - 20:19

FIN DU RP !
SIBYLLINA + BOREALIS n'existent plus. Ou alors considérez les comme morts au combat dans cet univers. Ils vivront, mais ailleurs.

Bon jeu à tous et toutes.

La lassitude, le fait d'attendre en permanence, de mauvais choix de jeu et de rp, et plein d'autres raisons ont abouti à ce choix.
Merci à ceux qui ont lu...
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MessageSujet: Re: En bordure des Déserts Ardents   Aujourd'hui à 7:27

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En bordure des Déserts Ardents

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