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 Révolution

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Ranhort



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MessageSujet: Révolution   Ven 16 Juil 2010 - 14:27

'Celui qui refuse d'engager le combat n'y est pas vaincu. Mais il est vaincu moralement parce qu'il ne s'est pas battu.'
Le grand moment venait d’arriver. Les vents du désert allaient bientôt amener la plus invraisemblable des nouvelles qui balaierait l’ordre établi. Anar avait souvent dit que l’anarchie passait obligatoirement par la lutte, pour la raison même de son essence : l’absence de lutte par la suppression de toutes les classes. Pour en venir à cet état, il fallait d’abord affronter les puissants et leurs symboles. En rassemblant un si grand nombre d’anarchistes, les Parias allaient peut-être réussir là où personne ne songerait attaquer. L’Assemblée avait voté. La vague anarchiste s’était levée. Méthone était la cible.

Ranhort plissait les yeux pour évaluer la distance qui les séparait du groupe d’éclaireur. Il fit signe à ses camarades de ralentir. Derrière lui, le groupe « Roc » reconstitué venait de sortir du désert ardent de Prévèze du Sud, pour la première fois depuis longtemps. Ils n’étaient pas les seuls. C’était l’armée anarchiste toute entière qui était en marche. Un moment difficile venait de passer pour les 5000 hommes et femmes engagés dans le conflit et qui venaient de sortir du désert. La traversée fut ardue mais leur foi les guidait. Ils émergeaient enfin dans la zone d’influence du Palatinat.

A-t-on des nouvelles d’Heklar ? lança Ranhort.

Un autre orque répondit franco.

Lui et ses flagelleurs ont du sortir un peu avant nous. Ils doivent se trouver plus à l’ouest.

Ce sont eux qui doivent assurer la protection contre les dragons alors mieux vaut qu’ils ne s’éloignent pas.

La logistique anarchiste était bien moins chaotique que pourrait le penser des généraux d’expérience. Elle était juste différente et se résumait en huit lettres : guérilla. Ici, pas d’armée principale ni de hiérarchie militaire. Pas de bataillon ni de formation de combat. Si une définition devait en être donnée, l’organisation des parias aurait été qualifiée de cellulaire. Chaque groupe constituait une entité autonome à part entière, avec suffisamment de ration pour deux semaines et des missions bien précises. Le Palatinat sera bien surpris s’il s’attend à un combat en rangée comme lors de la bataille de l’Abysse. Au lieu d’un affrontement dans les règles, armée contre armée, les anarchistes procéderont à des frappes incessantes et mobiles par groupe. Et des groupes, il y en avait beaucoup.

L’Assemblée avaient spécialisés chaque groupe afin d’en optimiser l’efficacité sur le terrain. Ainsi le gros des anarchistes se concentrait dans les groupes surnommés « Vigile », formés de fantassins légers équipés très modestement dont la qualité principale était la vitesse de frappe. En effet, obéissant aux schémas imaginés par Anar, ces groupes concentraient leurs attaques sur les points faibles de l’armée adverse avant de se replier rapidement sur un point défensif avantageux ou de s’enfuir pour semer d’éventuels poursuivants. Vico avaient réussi l’exploit de former de nombreux anarchistes au combat à distance. Le résultat fut la création de cinq groupes « Flèche », formés d’archers et se déplaçant en soutien des groupes « Vigile » car les archers ne pouvaient être efficaces seuls. Héritier du savoir faire des chimistes anarchistes, et notamment d’Anar, les groupes « Braise » étaient constitué d’artificiers maniant des cocktails explosif et divers outils de sabotage. Nombre d’anciens voleurs étaient dans les rangs, remplis également par des combattants. Les plus importants de tous les groupes étaient bien sûr les groupes d’approvisionnement. Formés par plusieurs centaines d’anarchistes, les groupes de soutien comportaient une majorité de civils (90%) et l’escorte de combattants les moins aguerris (10%). En retrait, ces groupes de soutien étaient chargés du ravitaillement des combattants. De plus, certains de ces groupes disposaient de guérisseurs et de femmes de soin. Ils remplissaient ces tâches en accompagnant les guerriers de loin avec des chariots de vivres et de fournitures diverses. Le revers de la médaille avait été l’amputation massive de chevaux disponible pour la cavalerie du fait de leur utilisation pour tracter les chariots en questions. La cavalerie en question ne comportait qu’un seul groupe, ironiquement surnommé « La Volante » bien qu’aucune créature ailée n’en fasse partie. Formé par une cinquantaine d’anciens brigands rompus aux techniques de charge, ce pilier de la stratégie anarchiste avait pour mission principal le soutien de toute unité requérant une aide rapide et efficace. De fait, « La Volante » disposait de la plus grande vitesse de mobilité pour agir. Summum de cette armée révolutionnaire, le groupe « Roc » était toujours présent. Son dernier conflit contre les démons de Mogoth avait séché l’effectif mais les guerriers en ressortaient renforcés. Ranhort et ses camarades étaient les élites des missions risquées, voire suicidaires. La botte secrète des anarchistes.

Il ne restait que le shaman et ses flagelleurs en dehors de cette structure. Les créatures souterraines n’étaient sous contrôle que grâce au pacte du shaman et à sa puissance. Les flagelleurs n’obéissaient donc qu’à lui. Heklar avait passé beaucoup de temps à les entrainer au combat à distance en vue de contrer les dragons du Palatinat. L’acide qu’ils pouvaient projeter endommagerait certainement les écailles des reptiles volants. La lutte aérienne des Parias reposaient donc en grande partie sur ces créatures, malgré la méfiance des combattants. Les différents groupes progressaient sans mal pour l’instant et n’avaient rencontré que peu de résistance. Les villages traversés étaient transformés en postes militaires avec ou sans l’accord des habitants. Si pour l’instant les villageois avaient une certaine sympathie pour leur cause, Ranhort se doutait bien que cela ne serait pas le cas au fur et à mesure de leur progression.


L’orque sourit intérieurement. Tous ces plans avaient été concoctés par Anar qui ne pouvait même pas y assister aujourd’hui. Quelle déception ! Dire qu’il n’était toujours pas rentré de sa mission en Mésomnon… A dire vrai, il ne pensait pas qu’Anar allait revenir. Cela faisait si longtemps déjà. L’anarchiste se consolait en espérant secrètement le retour inespéré de son ami, mais le cœur y était de moins en moins.

Un petit rapace apparu bientôt au dessus de la troupe « Roc ». Se posant sur l’épaule de Ranhort, l’oiseau entailla la manche de celui-ci.

Ah, ces oiseaux ne savent pas maitriser leurs serres, commenta-t-il tout en dépliant un petit message enroulé autour de sa patte.

Grace au talent du shaman, des rapaces servaient de messagers pour communiquer entre les groupes. Pour les attirer, chaque groupe avait cinq « récepteurs », en fait cinq hommes qui avaient subi un rite sensitif en présence des oiseaux. Ranhort était l’un de son groupe.

Ah ! Un message de Léïlé en provenance de Méthone ! Voyons ça… Emeute en préparation… Palatine absente… au moins une armée en stationnement… surveillance relâchée dans Méthone… affaire extérieure mobilise troupes…

Il déchira le papier. Un sourire de contentement éclaira son visage.

C’est plutôt bon ça ! A ce rythme là et si aucune résistance ne nous barre la route, nous atteindrons Méthone d’ici une semaine !

La petite colonne continuait son chemin comme d’autres, tout autour sur une cinquantaine de kilomètres. Ce que les anarchistes – sauf trois d’entre eux – ne savaient pas, c’était qu’au même moment un infernal despotique organisait lui aussi une attaque contre le pouvoir du Palatinat, pour une tout autre raison et dans un tout autre endroit.

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Ranhort



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MessageSujet: Re: Révolution   Mar 7 Sep 2010 - 23:20

Le groupe Vigile qui vient d’arriver ! Poser vos tentes sur la partie ouest y a plus de place ici.

Et nos rations, où se trouvent nos femmes ?

Certains rirent à la remarque. Tous ne comprirent pas.

Les groupes de soutien sont au centre du campement, la cantine ouvre au coucher du soleil. Pour tes autres besoins envers les femmes, t’attendras d’être à Méthone.

Les anarchistes se dirigèrent d’un pas nonchalant vers le lieu indiqué. En regardant autour d’eux, ils purent apprécier les résultats de l’opération Vague Noir. Le travail de conquête des terres est était achevé, sauf la partie Nord que les anarchistes avaient délibérément délaissé. Désormais, le seul obstacle à leur révolution était Méthone. Ils n’en étaient plus qu’à un jour de marche. La peur et l’inquiétude devaient déjà avoir gagné la capitale, la ville bourgeoise, le repaire des voleurs en costume et des exploiteurs. Les Parias auraient pu attaqué depuis longtemps, ils auraient pu mettre à feu l’arrogante cité. Aucune armée ne leur avait barré la route. Méthone et ses dirigeants étaient en sursis et d’ici peu, ils seraient balayés par le vent de la justice du peuple. Mais avant, les Parias devaient se réunir, s’organiser un minimum avant de lancer leur assaut. Ils décidèrent de l’appeler la Vague Noir. Répondant à l’appel du groupe Roc, le but était de regrouper l’armée anarchiste en un noyau solide, capable de se frotter aux défenses de Méthone. Les groupes ne répondirent pas tous présents. Certains ne voulaient pas, certains ne pouvaient pas, certains ne répondirent pas à l’appel. C’est tout le problème d’une organisation sans chef, d’une armée sans hiérarchie. Ranhort en était à se demander si un leader charismatique comme Anar ne pourrait pas remettre un peu de cohésion entre les groupes. Mais Anar n’était pas là.

Combien sommes-nous ? demanda-il à Vico.

L’humain réfléchit un instant, essayant de se remémorer l’ordre dans lequel les groupes étaient arrivés.

Bon, si on compte ce groupe, nous totalisons 7 groupes Vigiles, 2 groupes Flèche, un groupe Braise, 6 groupes de soutien. Et ton groupe aussi.

Ouai...ça fait combien ? s’impatienta Ranhort.

Attends...700...900...1100...2700 ! Approximativement, mais seul un millier sont armés et mobilisables.

Les autres ?

Ce sont essentiellement les femmes des groupes soutien. Elles sont chargées de nous ravitailler, de nous soigner, certaines réparent les vêtements...
L’archer regardait le ciel d’un air amusé. Le soleil était encore haut dans le ciel.

Pour l’instant, elles travaillent plus que nous.

Et où sont donc passés les autres groupes de combat. Certain ne répondent même plus aux messages !

La Volante n’en fait qu’à sa tête. J’avais déconseillé de réunir autant de coupe jarret dans une même unité. Dire qu’ils ont la majorité des montures...Les autres groupes, je n’ai pas plus d’information que toi. Apparemment certains se sentent autonome du mouvement.

Ont-ils oublié d’où ils viennent ces traîtres ! Si je les attrape je les égorge.

Vico connaissait l’orque. Ce dernier en était capable.

Ne t’affole pas, la majorité converge vers Méthone, mais certains font bande à part c’est tout. La Volante répondra si nous sommes accrochés.

Ranhort pouffa cette fois ci.

Et par quelle armée ? Le Palatinat détale devant nous. Il n’y a plus que la garde de Méthone en face !

Ne parie par Orfange que la capitale tombera d’elle même. Nous sommes loin d’avoir fini la partie.

L’orque quitta l’humain pour se rendre au camp de soutien. Il y récupéra sa hache comme neuve. Le petit camp des Parias disposait de toutes les facilités. Cela était en partie du au village qu’ils occupaient et dont ils prélevaient eau, nourriture et vêtements. Ainsi les combattant ne manquaient de rien, si ce n’était d’action. Heureusement qu’il était là. Tous les matins, Ranhort entraînait des groupes pour ne pas les laisser s’enfoncer dans la paresse et l’inactivité. Il en ferait des guerriers, il se l’était promis. Beaucoup attendaient leur baptême de feu. Sentant l’odeur d’un rôti, l’orque se dirigeait vers la cantine. Evènement rare mais révélateur, un sourire illuminait son visage.

Nous sommes loin d’avoir fini la partie, mais nous avons les meilleures cartes en main.
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Hélèna
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MessageSujet: Re: Révolution   Lun 18 Oct 2010 - 3:52

Le temps avait passé, les deuxième et troisième armée s'étaient rejoint vers le sud de leur position d'origine afin de mettre au point la stratégie qui permettrait de mettre fin à la progression des parias vers Méthone. C'est ainsi qu'une réunion avec l'état-major des deux régiments eu lieu avec pour grand dirigeant Fershonn, le général de la troisième armée.

- Camarades, il est l'heure de se mettre en route pour faire l'élimination complète et totale des parias qui souillent le sol de Prévèze depuis trop longtemps. Le palatinat n'a pas été en mesure de mettre un terme à cette révolte au sein de son domaine et c'est pourquoi nous avons choisi de prendre nos propres ordres et marcher vers l'ennemi. Lorsque ce travail sera terminé et que plus rien ne gênera nos pas, nous nous retournerons vers la capitale pour y prendre le pouvoir !

Le général pointa des zones précises sur une carte se trouvant sur la table, des marques rouges indiquant les relevés de positions des parias versus leur position actuel des deux régiments.

-Officiers de la deuxième armée, vous devez descendre encore un peu plus vers le Sud pour ensuite faire route vers l'Est. Vous atteindrez l'adversaire par le flanc gauche tandis que nous ferons contact avec eux par le Nord de leur déplacement.

La réunion se termina sur ces consignes bien précises. Des éclaireurs s'élancèrent sur le champs pour confirmer ou infirmer toute information actuelle. Sous peu les parias aurait à craindre, sous peu leur chemin serait un véritable enfer.
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Hélèna
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MessageSujet: Re: Révolution   Mar 22 Fév 2011 - 4:22

La nuit avait enveloppée de son voile sombre et froid cette partie de Prévèze pourtant réputée pour sa chaleur. La frontière avec Zakinthe, marquée par le cours de la Prévèze, semblait paisible en cette merveilleuse nuit étoilée. Seul le bruissement du sable sous le vent et le long écoulement du fleuve vers la mer venait perturber le silence et la sérénité des lieux.
Un couple de gerboise furetait, à la faveur de la fraicheur, à la recherche de quelques nourritures. Un taïpan du désert, serpent craint pour son venin mortel, cherchait quant à lui à ajouter de la gerboise à son menu...

Un petit coin de désert si calme et si lointain de tout. Tranquille comme seules le sont les dunes de sable doré du vaste désert prévèzien.
Et pourtant, ce même sable a encore en mémoire le passage de nombreuses caravanes. Les traces laissées par les marchands et leurs convois ont entaillées durablement le sol à plus de reprises qu'il n'y a d'étoiles dans le ciel. Ce petit coin de désert tranquille est l'une des routes commerciale jalonnant les dunes prévèziennes. Routes par lesquelles cheminent richesses et voyageurs, attisant tant la convoitise des brigands et autres malandrins de toute espèce...
Or, cette route bénéficie d'un pont surplombant la Prévèze pour rejoindre la province de Zakinthe et par là, toute la partie sud de l'Empire. Mais ce n'est pas le seul chemin, loin de là. Plusieurs ponts furent jadis jetés à travers ce fleuve calme et lent. Et les marchands l'auraient bien utilisé à leur avantage, s'il y avait eu une quelconque destination intéressante à l'une de ses portions.
Mais au delà de l'aspect purement économique, cette route présentait également un intérêt clairement stratégique: le contrôle du pont et de ses environs pouvait certes permettre l'acheminement de marchandises, mais aussi d'armes et de soldats. Or, ce pont se trouvait en ces heures sombres dans la zone contrôlée par les parias et de ce fait pouvait être un vecteur important d'approvisionnement en armes et -pourquoi pas?- en troupes fraiches.
Et le général Fershonn le savait pertinemment...

Or, une bien étrange activité vint troubler le fleuve à une heure aussi tardive. Non pas sur le pont, ni même sur les abords du fleuve. Non...
L'activité venait de ces innombrables masses d'eau coulant avec une reposante lenteur... Au milieu des flots calmes, dérivait une petite dizaine d'ombres à la forme curieuse. Ces ombres semblaient se succéder à une égal espacement et selon un trajet peu conventionnel: elles longeaient le bord du fleuve en adaptant leur trajectoire suivant sa configuration. Un creux sur la rive? Les ombres l'anticipait pour rester à égale distance du bord.
Fort heureusement pour ces ombres, les palmiers les accueillaient sous leur couvert, les faisant ainsi disparaitre le temps de leur passage...
Puis, les ombres s'arrêtèrent et se regroupèrent à une petite distance du pont, s'approchant du bord, à l'abri d'un vaste buisson touffu.
Une voix, étouffée, s'éleva parmi les ombres:
-Vous êtes tous là?
Plusieurs voix répondirent, en un souffle, à l'affirmative.
-Vous savez tous ce que vous avez à faire?
Même réponse. L'homme hocha la tête.
-Bien. Sandero, toi et ton équipe, à vous de sécuriser les abords du pont sur cette rive. Action.
-Oui, lieutenant.

Le dénommé Sandero hocha la tête et fit signe à deux des ombres de le suivre. Et, l'un après l'autre, les trois hommes quittèrent le fleuve pour monter au couvert de la végétation en rampant. Ils rejoignirent un petit groupe de buissons, providentiellement placés à l'ombre de la lune et des étoiles, sous un massif de palmiers. Une chance que les abords du fleuve, sur toute sa longueur, soit couvert de cette végétation...
Les trois hommes sortirent alors silencieusement leurs armes: des arbalètes, des poignards ou des couteaux dans l'ensemble. Les épées auraient étaient bien trop lourdes pour nager et peu pratiques à dissimuler à la lueur de la lune...
Sur ordre de Sandero, la petite équipe progressa furtivement en direction du pont...

Le lieutenant et les ombres restantes reprirent leur course dans les eaux de la Prévèze. Ils longèrent un moment la rive, avant de s'arrêter à quelques dizaines de mètres des piles du pont. Ce dernier reposait sur deux piliers. Et comme pour tout les autres ponts de la région, le bois seul avait été utilisé pour sa construction. Cela faciliterait d'autant le travail que ces hommes venaient faire ici...
-Horacio, à toi et ton équipe la pile de Zakinthe. Les autres, avec moi à la pile de Prévèze. Séparez le radeau en deux et en silence!
Sur six ombres, cinq d'entre elles s'approchèrent de la sixième et la disloqua en deux parts égales. Il s'agissait en effet de radeaux rudimentaires fait de bois léger et de branchages, sur lesquels se trouvaient d'étranges sacs raccordés à des morceaux de ficelle.
Les hommes se séparèrent, obéissant aux ordres du lieutenant, semblant être leur chef. Et toujours le nez au raz de l'eau, ils rejoignirent les piliers du pont, profitant du courant pour économiser leurs forces. L'équipe du lieutenant avait au préalable laissé se dérouler derrière elle une corde rattachée à la rive. L'extrémité de cette même corde suivait les hommes de l'équipe d'Horacio, les raccordant avec le groupe de leur commandant...

L'équipe de Sandero venait de sécuriser la rive prévèzienne du pont. A priori, pas de gardes ni de visiteurs indésirables... Pour l'instant, du moins. Laissant ses hommes en poste, il rejoignit le bord du fleuve et sortit un petit miroir. Et usant de la lueur de la lune, il émit un faible signal vers le pont, espérant que ses camarades le verrait. Une fois fait, il retourna vers son équipe pour assurer son rôle de guetteur...

Le lieutenant vit les deux faibles éclats bleutés trouer la nuit.
-Allez-y, placez les sapes.
-Riche idée que d'avoir dépecé un météore 5 pour en extraire son composé dangereux, lieutenant.
-Attendons de voir les résultats avant de jubiler. Placez les.

Les hommes s'exécutèrent, quittant le fleuve pour monter le long des piliers de bois. Ils placèrent leurs deux sacs au milieu des troncs porteurs, dans l'espoir que la déflagration ferait se volatiliser le soutien du tablier du pont, le faisant ainsi s'écrouler. Sur le pilier de Zakinthe, l'équipe d'Horacio fit de même.
Puis, une fois les sapes placées, les hommes redescendirent des piliers en laissant défiler la ficelle reliant les sacs deux à deux. Et sur l'ordre du lieutenant, par l'intermédiaire d'un briquet à amadou, ils mirent le feu aux-dîtes ficelles avant de retourner dans l'eau.
Se servant de la corde, ils rejoignirent le plus vite et le plus discrètement possible la rive de Prévèze, où Sandero les y attendait.
-C'est fait, mon lieutenant?
-Oui Sandero, c'est parti. A nous de dégager, maintenant.

Un sourire éclaira le visage de Sandero. Et alors qu'il allait rappeler ses hommes, il les vit le rejoindre en courant:
-Lieutenant! Des cavaliers arrivent en notre direction!
-Combien?
-Ils sont nombreux! Une petite dizaine, à mon avis!
-Ils vous ont vu?
-Impossible à cette distance, monsieur. Surtout qu'ils portaient des torches et que nous étions dans l'ombre.
-Bien. Il est temps de partir. Tout le monde dans le fleuve et laissez-vous porter par le courant. Nous devons rejoindre l'embouchure dans six heures, avant que le soleil ne rende toute possibilité de se cacher impossible!
-J'espère que les autres sont rentrés avec les chevaux...
-Rejoignons le bateau et nous le saurons.


Les neuf ombres dérivèrent vers l'embouchure du fleuve, s'éloignant rapidement du pont. Ce dernier n'était plus qu'un trait noir sur l'horizon, dans le dos des soldats prévèziens. Le lieutenant se retourna pour assister à la destruction. Il vit les torches s'arrêter à hauteur du pont. Les cavaliers devaient être une patrouille des parias. Le fait qu'ils disposaient de montures laissa à l'officier l'idée qu'ils avaient dû attaquer l'une ou l'autre commanderie de Nuntius depuis leur progression vers Méthone. Quelques uns des cavaliers s'engagèrent sur le pont, leur torche témoignant de leur progression. Et alors qu'ils atteignaient la hauteur du premier pilier, l'édifice s'embrasa en une double explosion.
Les gerbes de feu éclairèrent les rives comme en plein jour.
Le pont se souleva, avant de retomber lourdement dans un effroyable craquement dans le fleuve.
Des débris retombèrent tout autour de l'ouvrage d'art mutilé.
Un début d'incendie se déclara sur les parties encore émergées du pont, dont la majeure partie s'enfonçait dans les flots dérangés de la Prévèze...

Le lieutenant contempla encore un instant le terrible spectacle qu'il avait orchestré de toute pièce. Par ses mains, la première action de guerre des IIéme et IIIéme armées de Prévèze contre les Parias venait de retentir comme un succès. Il s'agissait de la première des phases du plan du général Fershonn.
Mais bien que satisfait par le travail accomplit, le lieutenant ne pu s'empêcher de penser aux conséquences qu'aurait la fermeture, même momentanée, de cette route commerciale pour la province. Et pour la première fois de sa carrière, il se demanda si la fin justifiait réellement les moyens et douta des méthodes qu'il avait jusque là appliqué...
Mais l'heure n'était pas à la réflexion: un navire croisait au large des côtes de Prévèze du sud. Un navire prévèzien appartenant à un marchand sympathisant à la cause du général Fershonn. Et ils devaient encore parcourir une dizaine de kilomètres avant d'atteindre l'embouchure avant le levé du jour...

Dans le lointain, des lueurs oranges témoignaient de la destruction des deux autres ponts enjambant la Prévèze...

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Hélèna
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MessageSujet: Re: Révolution   Mer 23 Fév 2011 - 4:45

-La côte, enfin!
Le lieutenant et ses hommes venaient enfin d'atteindre l'embouchure de la Prévèze après une nuit à dériver le long du fleuve. Plusieurs fois les neuf hommes du petit groupe de soldat avaient sentis leur fin approcher. Ils venaient de traverser l'une des parties de Prévèze les plus dangereuse pour des militaires prévèziens: celle qui depuis toujours avait été le cœur de la révolte des parias...
Durant toute la nuit, à la suite de la destruction de l'ensemble des ponts traversant la Prévèze, les patrouilles parias n'avaient cessées leur activité de surveillance, se concentrant sur les abords directs du fleuve. Cela avait rendu la progression des soldats difficile et plus lente que prévue. Ils avaient alors déployés une maitrise d'eux et une discrétion peu commune pour de simples soldats du rang. Et ils pouvaient en être fiers: seuls des Sabres auraient été envoyés pour ce type d'opération. Or ces derniers devaient probablement être occupés au nord de Prévèze. Outre le fait qu'ils étaient devenus des ennemis des IIéme et IIIéme armées en même temps que ces dernières se rebellaient contre Méthone.
De l'avis du lieutenant, c'était là une erreur fondamentale. Mais que pouvait-il y faire? Il était tout juste assez gradé pour commander aux autres, mais certainement pas pour discuter des décisions ou ordres de ses supérieurs...

Les premières lueurs du jour commençaient à poindre à l'horizon. Le ciel, pourtant resté clair durant toute la nuit, se parait de bleus sans cesse plus pâles...
Le sable reprenait sa couleur dorée en même temps que la température montait. Le bruissement régulier des vagues rencontrant le fleuve, les cris des mouettes et des goélands, l'odeur d'iode. La mer. Le salut.
Les neuf soldats sortirent du lit du fleuve pour rejoindre les dunes surplombant la côte. Le sable de cette longue plage, ultime limite entre un monde d'eau et autre de feu. Car avec le soleil le désert redeviendrait ce qu'il est tout les jours: un brasier impitoyable.

Le lieutenant plissa les yeux en observant le large. Leur navire devait se trouver quelque part...

Sandero observait également l'horizon. Mais pas vers le large: le danger pouvait toujours venir de la terre, ils n'étaient pas encore sortis d'affaire, loin de là. Lui et les deux soldats composant son équipe portaient leurs regards vers les dunes de sable s'étendant à perte de vue. La pire des choses qui pouvait leur arriver serait de croiser une patrouille maintenant alors qu'ils se trouvaient si proches de leur porte de sortie...

Alors que lieutenant sentait poindre en lui une pointe d'angoisse à mesure que le soleil levait l'obscurité et l'ombre, il l'aperçut. Le navire! Il venait d'apparaitre, venant du sud. Il était resté caché si longtemps par la végétation couvrant le delta de la Prévèze. Ni une, ni deux, l'officier fit signe à l'un de ses hommes de tirer une flèche enflammée en guise de signal.
Il savait parfaitement que cette flèche attirerait non seulement l'attention des marins, mais aussi des parias s'il s'en trouvait à proximité. Mais c'était un risque à prendre...
Heureusement, le navire répondit au signal: ses voiles furent amenées et une ancre larguée. Le vaisseau s'immobilisa rapidement tandis que son équipage mettait deux embarcations à la mer.

-Chef, il y a un nuage de poussière venant du nord-est!
Le lieutenant se retourna brusquement, le visage tendu:
-Important?
-Je dirais une dizaine de cavaliers, chef.
-Il ne manquait plus que ça... Soldats, établissez une position défensive et préparez-vous à quitter cette plage sous les traits!

Et tandis qu'ils se déployaient en préparant leurs armes, le lieutenant constatait la progression lente des chaloupes en leur direction...

Les cavaliers s'étaient fortement rapprochés de la position des soldats prévèziens lorsqu'enfin les embarcations touchèrent le rivage. Mais il fallait partir maintenant. Fort heureusement, les parias se trouvaient encore trop loin pour pouvoir apercevoir ni les barques, ni les hommes dans les dunes.
Faisant signe à ses camarades, le lieutenant leur ordonna de quitter en toute hâte leurs postes pour rejoindre au plus tôt les chaloupes. Et dévalant au galop les dunes jusqu'à la grève, ils montèrent à bord des frêles esquifs pour rejoindre le navire ancré à quelques encablures.
Le lieutenant souffla enfin. Même s'ils n'étaient pas encore arrivés à bord du vaisseau, ils n'étaient déjà plus en territoire ennemi. Et leur mission était un succès, sans qu'il n'y ait eu de perte! Il observa ses hommes avec fierté: ils étaient exténués, mais avaient tous continués à agir avec professionnalisme jusqu'à la fin. Leur entrainement avait été d'une grande qualité, il fallait le reconnaitre. La façon dont ils avaient gérés chaque détail de la mission, leur capacité à tous à contrôler leur peur, leurs appréhensions... Il croisa le regard de Sandero, lequel lui adressa un sourire amical:
-On l'a fait, lieutenant.
Il lui rendit son sourire:
-Oui, Sandero. On l'a fait. Une action digne des Sabres!
Le reste de l'équipe sourit à cette dernière phrase. Un éclat de rire retentit à bord de l'autre chaloupe. La tension accumulée durant ces dernières heures redescendait enfin. La fatigue se faisait enfin sentir, maintenant que l'adrénaline ne coulait plus à flot dans les veines de chacun...

Une fois hissé à bord, le commando fut accueilli avec joie et félicitations par le capitaine lui même. Et tandis qu'il les congratulaient tous, un par un, un pigeon voyageur, porteur d'un message à destination du général Fershonn était dépêché pour rendre compte de la situation...
Puis le navire reprit sa route vers Thyde.

----------

-Mon général, les deux ponts nord ont été totalement détruits.
Le général Fershonn resta de marbre à cette annonce. Deux ponts sur trois. S'il en restait un, les parias fuiraient par là pour se mettre hors de portée de ses troupes... Il lui fallait la confirmation que le troisième avait été détruit. Il le fallait! La poursuite de son plan en dépendait.
Il revint sous sa tente, où une carte déployée sur une table de campagne attendait que l'on trace quelques mouvements de troupes sur elle. Et, pensif, il resta penché sur cette dernière un long moment, un trait traversant une ligne sinueuse d'une couleur bleuté lui posant problème. Fershonn fut toutefois dérangé par l'un de ses officiers, lequel entra essoufflé sous la tente du général:
-Mon général, nous avons des nouvelles de l'équipe du dernier pont aval! Il est complétement détruit et nos soldats sont tous saints et saufs!
Un rictus se dessina sur les lèvres du général. Grande nouvelle! La dernière porte de sortie, le dernier trou de souris des parias venait de s'effacer, en même temps que ce pont. Il ne restait donc plus qu'à resserrer le filet et fermer la nasse...
-Très bien. Colonel Tarek, initiez la phase 2 de notre plan. Prenez la tête de la IIéme armée et déployez-vous sur la moitié ouest de la province.
-Je sais quoi faire, mon général. Nous repousserons les parias vers leur nid.
-Et pour ce faire, nous devons partir maintenant. Bonne chance, colonel.
-A vous aussi, général. Que les dieux vous gardent.



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Révolution

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