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 [Q4]. Un dénouement inespéré.

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Xanis
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MessageSujet: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Mar 30 Nov 2010 - 17:07

« Il n'y a rien que les hommes aiment mieux à conserver
et qu'ils ménagent moins que leur propre vie. »


Le pas cadencé des soldats emplissait la caserne d'un air serein et inébranlable. Rebondissant sur les murs, son écho s'épanouissait dans les airs et semblait vouloir décoller vers d'autres cieux.
Il me fallait bien admettre que ma vie avait bien changée en Orchomène depuis mon retour d'Etimnon. Si cette promotion des plus inattendues avait irrité certaines grandes pontes de l'armée provinciale, mes chers soldats s'étaient félicités que leur chef soit placé à un poste si important, prenant cela comme un encouragement à leurs efforts quotidiens.
Pour l'heure, je me contentais de flâner dans le patio de la seconde plus grande caserne de la Cité Provinciale. La main sur le sabre, les bottes claquant à chaque pas sur le pavé et mes cheveux cascadant sur les épaules, je dois bien avouer qu'il me plaisait à imaginer que mon allure attirait le regard et le respect -ce qui était sans doute le cas.

Un roulement de tambours retentit dans mon dos, amplifié par les corridors s'étirant autour de la cour, glissant sous les arcades en ogives.
Je fis volteface pour observer une douzaine de mes hommes passer les portes avec un porte-étendard et un tambour. Droits et fiers, ils marchaient au rythme que le sous-officier leur imposait par la mélodie qu'il faisait jouer au musicien. Je savais qu'ils se rendaient aux alentours de la Tour des Arcanes pour prendre la relève de la garde.
Je notais dans un coin de mon esprit d'aller y faire une rapide inspection au courant de l'après-midi et me dirigeais vers un des rares bancs de pierre sur lequel je m'assis avant d'offrir la peau de mon visage à la douce caresse du soleil.

Deux cloches sonnèrent, l'une si loin qu'elle était à peine audible. Avant que je n'ai le temps de m'interroger à ce sujet, un palefroi entra en trombe dans la caserne et s'arrêta dans la première cour en soulevant un panache de poussière.


" Judith Delhorn, un message pour le Capitaine Judith Delhorn ! "

L'elfe ne m'avait pas aperçu. Je me levai et m'étirai langoureusement avant de me diriger vers lui, mon attitude martiale revenue.

" Capitaine Delhorn au rapport, que me voulez-vous ?
- Madame, l'heure est grave ! Le Palatin est grièvement blessé et fait route vers la ville avec quelques uns de ses compagnons et un soldat Phoenix, l'Intendance désire que vous vous rendez à ses côtés pour assurer sa protection jusqu'à son arrivée ici.
- Quoi ?! Mais que s'est-il passé ? "

Tout en posant ces questions, je lançais des regards circonspects et faisais signe aux gens braves et forts présents ici de s'approcher de moi. Une douzaine de soldats m'entourèrent rapidement.

" Le Palatin et ses compagnons ont quitté la ville voilà un moment déjà. Deux soldats Phoenix les accompagnaient et nous venons de recevoir une missive assez brève de l'un d'eux demandant une escorte dans un code militaire adapté afin qu'aucun bandit de grand chemin ne puisse le comprendre. L'oiseau vient d'une petite garnison du nord qui a d'ores et déjà envoyé deux charriots mais ne peut fournir d'escorte, la quarantaine occupant tous ses hommes.
- Qu'on selle treize chevaux ! Messieurs, préparez-vous. "

Avec un signe de tête pour l'Eggelos, je m'éloignais à grandes enjambées. Je n'avais jamais rencontré Xanis mais j'avais de lui une idée que je m'étais forgée.
Il m'avait donné les plus grandes récompenses que j'ai jamais eues sans réellement me connaitre en se basant uniquement sur ce que mes hommes lui avaient écrit dans leurs rapports. Et aujourd'hui voilà qu'il était en danger de mort.
Je me devais de l'aider.

¤ ¤ ¤

Ainsi donc il vivrait... Sans réelle capacité de contrôle sur son corps, le Patriarche parvenait à penser et à réfléchir, ce qui était un réel plus par rapport à son état de la veille ou il était totalement englouti dans les ténèbres de l'inconscience. Il parvenait à entrouvrir les paupières avec plusieurs minutes de concentration. Cela lui demandait un effort continu, mais il parvint à avoir une image bien que troublée par ses cils entremêlés.
Il n'était pas seul. Un feu crépitait non loin et des voix discutaient faiblement.

Ses yeux se clorent à nouveau d'eux-même et il lutta pour les rouvrir. On était en fin d'après-midi, le crépuscule arrivait. C'était pour cela que l'on campait. Une voix un rien hautaine se faisait entendre et le patriarche reconnu Dorgo Ulagan. Il conversait sur un sujet obscur avec un des deux soldats Phœnix qui accompagnaient le convoi.
Sans aucun mouvement possible, le Thaumaturge s'inquiéta. Où étaient les autres et pourquoi ne les entendait-on pas ? Avaient-ils péri... ? Et comment lui avait-il survécu ? Il se sermonna intérieurement d'être aussi apeuré, sans doute étaient-ils parti dans les bois chercher du feu. Mais au bout de plusieurs minutes, il fallu se rendre à l'évidence que ce n'était pas le cas...
Un grondement sourd se fit entendre alors que la charrette dans laquelle il était allongé commençait à vibrer. Une troupe de chevaux approchaient au galop et le camp s'emplit de mouvement. Le cocher guida les chevaux hors du sentier alors que le sorcier et le soldat se préparaient au combat.
Très rapidement, les cavaliers furent à leur hauteur. Une voix claire et féminine clama fièrement :


" Hola mes seigneurs, je suis le Capitaine Judith Delhorn de la garde Palatinale. J'ai été envoyée ici afin d'assurer votre protection jusqu'à la Cité. " Après un instant de silence, elle demanda : " Êtes-vous les seuls survivants de l'aventure ?
- Non, un second convoi est derrière nous, emportant les palatins de Zakinthe et de Thassopole avec mon collègue ainsi qu'une prisonnière.
- Vous quatre, continuez et rejoignez l'autre convoi. Veillez à ce qu'il arrive bien à la Cité Blanche. "

Les quatre hommes saluèrent et partirent au galop.
Xanis en aurait pleuré. Ils arrivèrent ensuite à la Capitale provinciale sans aucun soucis.
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Aquilodon
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MessageSujet: Re: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Ven 3 Déc 2010 - 21:33

Quelques jours avaient passé depuis le retour du chariot d'Aquilodon à Orchomène. Narcissa avait été enfermé dans les geôles de la Tour. Quant à lui, il avait été nourri, logé, blanchi au Palais, et il attendait impatiemment que Xanis veuille bien se remettre et le faire appeler. Il avait passé le clair de son temps à méditer, et à envoyer des ordres en Zakinthe, même si l'écriture n'était pas une activité des plus faciles pour un aveugle. Tant pis, il comptait sur Humfalos pour les déchiffrer, et il savait que le vieillard mettrait le temps qu'il faudrait. Ainsi donc, à distance, Aquilodon posa des décrets qui promettaient de ne pas plaire à tout le monde.

Spoiler:
 

Voilà qui allait tout changer en Zakinthe. A ce qu'il savait, Aquilodon était le premier dignitaire de toute l'histoire de Kalamaï à abolir la peine de mort dans sa juridiction. Advienne que pourra, il le devait. On entra précipitamment dans la volière, au moment où il lâchait l'oiseau porteur de son message.

- Seigneur Aquilodon ! Monseigneur Xanis est réveillé et désire vous voir sur le champ !

- Enfin ! Je vous suis.

Le page partit au pas de course, suivi par le géant aveugle, appuyé sur son long bâton. Il arrivèrent de ce fait asse vite aux appartements du Palatin, et le serviteur laissa passer le Prophète, et referma la porte derrière lui. Aquilodon le sentait : Xanis était couché, bien éveillé, et il avait visiblement envie de parler. L'Aveugle s'avança donc.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Sam 4 Déc 2010 - 18:31

Aquilodon entra dans les appartements de l'avant dernier étage de la Tour Blanche, lieu de résidence du Palatin. Le dernier étage était toujours encore réservé à Dame Shaka, dernière Palatine de Mésolongion qui avait ordonné la reconstruction d'Orchomène.
Silencieux, le colosse aveugle se campa fermement sur ses jambes et attendit que Xanis parle.

Le Thaumaturge détestait être vu dans une telle position de faiblesse, mais chaque mouvement lui coutait. Sa mana, son amie de toujours, une énorme part de lui-même n'était pour l'heure plus qu'une petite flamme brûlant tout au fond de son être. Mais la progression était réelle puisqu'il ne la sentait même plus à peine trois jours auparavant.
Il se redressa dans un soupir et s'assit au bord du lit, revêtant une longue tunique couleur d'ébène. Il ne put réprimer un grognement de douleur en posant les pieds à terre, mais il parvint à se mettre sur son séant, courbé et avachi sur son sceptre qui lui servait de canne.
A nouveau, sa chevelure d'ordinaire brune avait blanchi et ses yeux s'étaient un peu renfoncés dans leurs orbites. Mais au moins était-il sain et vif d'esprit, malgré la tourmente de son corps.

Il se traina plus qu'il ne marcha jusqu'à un siège où il s'effondra littéralement, ses jambes se dérobant sous son poids pourtant négligeable. Il tendit la main vers le siège face à lui puis se souvint du handicap de son interlocuteur.
Il tenta de parler mais fut prit d'une quinte de toux qui lui secoua le corps entier.
Lorsqu'il parvint à reprendre son souffle, il articula d'une voix rauque :


" Asseyez-vous mon cher Aquilodon. N'ayez crainte, cette chaise saura vous soutenir. "

Il profita du temps que la Palatin de Zakinthe arrive à son siège pour se masser les tempes et les yeux, espérant s'éclairer la vue qui semblait très légèrement trouble. Ce fut en vain.
Il releva son regard las et le planta dans celui du Géant de Ménéxène, se racla la gorge pour que l'incident précédent ne se réitère pas, puis engagea la conversation :


" Je ne me souviens pas de ce qui s'est passé là-bas. Pas depuis notre séparation. J'ai dû sombrer dans l'inconscience suite à un coup un peu trop violent, bien que cela n'explique pas entièrement mon état métaphysique. Pour ce qui est de mon enveloppe charnelle, je suppose que ce... cet incident m'aura plongé dans un profond coma... Voire dans les abimes de la mort.
J'ai toutefois souvenir d'un rêve étrange. Un rêve où des dieux se jouaient mon destin. Ils n'étaient pas seuls dans les Abysses, un étrange personnage que je n'aurais su identifier était présent lors des délibérations à mon sujet... Sur ses paroles, mes souvenirs me font une fois encore défaut.
"

Une fois encore il dut faire une pause, la respiration sifflante. Cette fois-ci, il parvint à s'éclaircir la voix. Il continua :

" Une chose me semble toutefois claire : en admettant que les dieux n'aient pas laissé mon esprit tomber de l'autre côté, ils n'ont rien fait pour mon corps non plus. S'ils avaient voulu autant s'investir dans ma réussite, je serais bien plus puissant que je ne le suis. Et seules deux personnes présentes étaient en mesure de me sauver : Aedric et vous Aquilodon.
Si je devais mon salut à Aedric, il serait venu jusqu'ici afin que je sois bien au fait de la dette que je lui dois. Or il n'est pas ici.
Ne comprenez pas mal mes dires, mon ami, je n'insinue pas que c'est en quête d'une récompense que vous êtes ici. Je serais de toute manière bien incapable de vous offrir quoi que ce soit que vous puissiez désirer. Néanmoins, j'entretiens dès aujourd'hui cette fameuse dette envers vous malgré le fait que je ne puisse pour l'heure que vous offrir mes remerciements les plus sincères.
"

Le Bâtard laissa un blanc s'allonger quelque peu pour que son interlocuteur assimile bien ce qui venait d'être dit.

" Maintenant dites-moi, mon cher... Dites-moi que vous avez réussi malgré mon échec et que l'Empire est sauvé des deux soeurs... "
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MessageSujet: Re: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Dim 5 Déc 2010 - 14:49

Xanis était visiblement faible, mais il n'avait pas perdu l'usage de la parole, loin s'en fallait. Aquilodon en était heureux. De plus, il avait réponse à presque toutes ses questions.

- Je vais commencer par le commencement, même si ce n'est pas le plus important. Je vais reprendre au moment où les deux sœurs m'ont terrassé, me privant de la vue. Il m'est arrivé à ce moment là quelque chose d'incroyable, mais là n'est pas la question. Je me suis réveillé quelques minutes plus tard, je pense. Vous étiez parti avec Ulagan et le comte Braniack. Aedric, quant à lui, écrasait des morts-vivants à coups de marteau. J'ai voulu arrêter ce massacre inutile, sous l'influence de la révélation qui m'était venue durant ma courte inconscience. Aedric m'a frappé, et a recommencé à détruire les cadavres animés. Puis Braniack est arrivé, et a aidé Von Seviand.

Comme fou, le Rouge a ensuite attaqué Braniack, puis nous avons essuyé une nouvelle vague de morts, et de loups, que j'ai fait fuir, afin qu'ils ne se fassent pas tuer. Le combat entre l'Inquisiteur et le vampire a repris, puis a été interrompu par l'un de vos soldats. Et c'est à ce moment que vous entrez en scène, pour ce que j'en sais.

Nous avons été submergés par une déflagration de mana d'une puissance impressionnante. On eut dit qu'un dieu avait posé le pied sur Kalamaï. J'ai couru vers le lieu d'où venait la vague magique, et j'ai croisé Dorgo, haletant et blessé, qui m'a dit que vous étiez en danger.


Aquilodon reprit son souffle, laissa une petite pause à Xanis pour assimiler son récit, puis continua.

- J'ai donc couru jusqu'à vous. Tout était dévasté. Vous avez entendu parler du légendaire sortilège d'Apocalypse, je suppose. Eh bien, on eut dit que c'est ce que vous aviez déchaîné, en plein milieu du territoire des nécromanciennes. Détruisant littéralement leur armée. En cela, Xanis, non, vous n'avez pas échoué, même si vous n'avez pas participé à l'affrontement final.

Je ne vous cache pas, en revanche, que vous soigner m'a donné du fil à retordre. Dorgo m'était inutile et Aedric avait disparu. Quant au comte Braniack, je n'ai plus fait attention à lui depuis cet instant. QUoiqu'il en soit, je ne sais pas où j'ai puisé la force de guérir vos lésions les plus graves, mais j'y suis parvenu. Probablement grâce à l'énergie du désespoir, comme on dit.

Tout est-il que, même guéri, vous étiez en train de mourir dans mes bras. J'ai pleuré, je ne vous le cacherai pas. Je n'aime pas que les gens meurent en héros. Même héros, ils sont morts tout de même. Une de mes larmes vous est tombée sur le poitrail, et vous vous êtes arrêté soudainement de mourir. Je ne sais si c'est une coïncidence ou bien un réel pouvoir des pleurs, mais vous étiez sauvé. Au même moment, un homme, bien que je doute de sa nature humaine, car il n'était à mes sens que sons et mana, selon lui nommé Aro, m'a demandé de vous laisser avec lui. J'ai refusé, ne pouvant vous laisser avec ce qui pouvait être un avatar de Dios. Aedric est revenu à ce moment là, et Dorgo, après que je l'eus soigné, et lui sont partis pour la caverne des sœurs, afin de les achever, l'une d'elles étant manchote par ma faute, je vous le rappelle. J'avais décidé de ne pas y aller, ne désirant plus tuer personne. Et je me devais de veiller sur vous.

J'ai finalement changé d'avis. Si Aro avait voulu s'emparer de vous dans un but inavoué, il aurait déjà pu m'écraser, étant sa puissance et ma faiblesse à cet instant. Je suis donc parti prêter main forte à Von Seviand et Ulagan. Quand je suis arrivé, l'une des nécromanciennes tuait sa sœur manchote. Elle s'est ensuite rendue à nous. Ensuite, ce qui s'est passé est allé très vite.

Ulagan nous a neutralisé de deux sorts, Aedric et moi, puis s'est enfui avec la prisonnière, dans le but, il me l'a dit plus tard, de la faire parler sous la torture. Après que nous nous soyons libérés, j'ai envoyé le Rouge à sa poursuite. Étant moi-même en état de faiblesse extrême, je suis retourné auprès de vous. Ulagan est arrivé un peu plus tard, mais j'ai décidé de l'épargner. Si je l'avais tué, je l'aurais regretté, et c'eut été un meurtre. Non, je laisserai la justice impériale faire son travail.

Je me suis endormi, épuisé. Un peu plus tard, le premier chariot de secours est arrivé. Aro a disparu, et Ulagan est parti avec l'un de vos deux soldats et vous. Le deuxième est arrivé un peu plus tard, et je suis parti dedans, sans nouvelles ni d'Aedric, ni de Braniack, ni de la nécromancienne, ni de votre deuxième soldat.

Cependant, alors que nous allions quitter la forêt, Von Seviand est arrivé, la prisonnière inconsciente sur le dos.

Il est reparti pour Anaphe alors que les soldats de Mésomnon arrivaiet pour nous faire une escorte. Oh, d'ailleurs, cet hypocrite, qui vous aurait volontiers laisser crever alors que vous étiez presque carbonisé, m'a chargé de vous donner ça, en insistant sur le fait que si vous passiez en Thassopole, vous seriez accueilli comme un ami de la République.


Le géant montra à Xanis le médaillon de l'Inquisition.

- Le retour s'est fait sans encombre. Votre soldat manquant est bien rentré, lui aussi. On m'a dit que Dorgo est reparti à dos de Wyverne, sans s'inquiéter de votre état. Pas de nouvelles de Braniack. La dernière nécromancienne est en ce moment même enfermée dans une geôle de la Tour, qui est munie des protections suffisantes pour qu'elle ne puisse pas s'échapper, je m'en suis assuré.

J'ai attendu quelques jours, ne pouvant, comme les autres, me résigner à vous quitter alité, et vous m'avez enfin fait mander. Et nous voilà. Finalement, le bilan n'est pas si terrible. Je ne doute pas que notre ami vampire s'en est sorti.


Le récit était terminé. Maintenant commençait la partie délicate. Il fallait convaincre Xanis de le laisser emmener la nécromancienne devant le Tribunal Impérial, afin qu'elle ne soit pas exécutée à coup sûr.

- Vous me parlez de récompense, Xanis. Vous m'avez dit que vous ne pourriez rien m'offrir. Je ne suis pas ici pour cela, mais il faut que je vous en parle, de toute façon. Vous pouvez bel et bien m'accorder quelque chose. Laissez-moi emmener la nécromancienne à la capitale Impériale, afin de la faire comparaître devant le Tribunal, comme la loi le demande. La justice se doit d'être objective. Ici, je doute qu'elle le sera : tant de gens sont morts à cause de cette femme et de sa sœur ! Les rancœurs risquent d'être féroces.

Le Prophète espérait que le drow ne ferait pas le difficile, même s'il était quasiment sûr qu'il rechignerait à se séparer de sa précieuse détenue.

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MessageSujet: Re: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Mar 7 Déc 2010 - 21:37

Le Thaumaturge suivit avec attention le récit d'Aquilodon. Certains détails lui revenaient, d'autres restaient pour lui dans la plus grande obscurité. Ainsi donc il avait eu raison en pensant qu'il devait la vie au géant... Finalement, peut-être que passer sa vie au service des dieux était une chose qui en valait la peine ?
Le plus rassurant dans l'histoire fut que cette aventure était terminée. Les sœurs ne nuiraient plus. Avec force difficultés, le Palatin se leva de son siège sous le regard perplexe du géant et alla jusqu'à son lit où il tira sur une longue corde avant de revenir s'asseoir. A peine une trentaine de secondes plus tard, un serviteur entra dans la pièce et fit une révérence impeccable.


" Jeune homme, veuillez demander au Commandant Zalteran de faire lever la quarantaine de la province et d'envoyer des héraults le faire savoir un peu partout en Kalamaï.
- C'est que, votre Seigneurie, le Commandant est mort rapidement après votre dernier départ. Souvenez-vous, il a été touché dans la tentative d'assassinat vous visant...
- En effet, ça me revient... J'ose espérer qu'il aura été mis en terre avec les honneurs. Transmettez ma demande au Général Drethann en ce cas.
- Le Commandant n'a pas été mit en terre, il a été incinéré sur la plus grande place de Draziva, face à la Phalange de la Couronne au garde-à-vous et ses cendres ont été dispersées à travers tout le royaume, à sa demande. Si je puis me permettre, je n'a jamais vu cérémonie plus remarquable. "

Le serviteur salua et se retira, laissant un Palatin perplexe et avachi dans son fauteuil. Il tenta de s'éclaircir la voix mais provoqua une nouvelle quinte de toux qui mit fin au fil de ses pensées au sujet du militaire, de sa remarquable carrière et de son grand esprit, mais aussi au sujet de sa propre part de responsabilité dans la fin de Zalteran.
Reportant son attention sur son interlocuteur, il essaya de parler plusieurs fois. Lors des deux premières tentatives il fut interrompu par sa voix rauque et sa gorge capricieuse, la troisième il y parvint enfin :


" Je pense, cher ami, que vous m'attribuez bien plus de pouvoirs que je n'en ai réellement. Je ne suis -tout du moins pour l'heure- bien incapable de lancer un sortilège d'Apocalypse. Qui vous aurait probablement tués aussi de par ailleurs.
Le sortilège de feu le plus puissant que je puisse lancer ainsi est le Brasier d'Imonède. Si j'avais abusé sur mes capacités en le lançant, je me trouverais bien dans cet état lamentable dans lequel vous me voyiez si par bonheur mon enveloppe charnelle était conservée... Je suis vide de l'intérieur, je ne crois pas avoir déjà ressenti un tel manque au plus profond de moi. La mana qui m'a accompagné tout au long de ma vie a déserté mon corps, bien qu'elle revienne petit à petit, mais je ne pense pas être capable de provoquer une « déflagration de mana impressionnante ». Je vous suis toutefois gré de le penser.

Pour ce qui est des actes de Dorgo, je dois dire qu'ils m'inquiètent un peu. Ceux d'Aedric, bien que totalement incongrus me semblent plus proches de la norme pour ce que j'ai vu du personnage... Vous me comprendrez, j'en suis certain.
"

Au dehors, plusieurs cors retentirent à quelques secondes d'écart, plus ou moins loin. Ils sonnaient le rappel des troupes de garde, la fin de la quarantaine de la cité. Dans les trois jours suivant, la même chose allait se passer aux quatre coins de la province.
Mésomnon l'Unie s'était vue couper du monde. Les choses changeaient.


" Il y a quelques années encore, je n'étais rien. Rien de plus qu'un journalier parcourant les terres de son pays natal en quête d'un travail. Bien que généralement, on ne m'oubliait pas. Sauf doute était-ce dû à ce gant qui ne quitte pas mon poignet. " Xanis ferma le poing de sa main gantée et le rouvrit pour illustrer son propos. " Puis par un extraordinaire coup d'audace, j'ai été propulsé à la tête de Draziva qui est rapidement devenu le royaume le plus puissant à bien des points de vue de ce côté de l'Empire, grâce à ses Intendants et ses Conseillers.
Ne me demandez pas ce qui m'a prit, quelle folle idée m'a traversé l'esprit mais sitôt l'armée drazivienne sur pied, j'ai marché sur Etimnon où par chance plus que par stratégie, j'ai conquis tout une province sans coup férir. C'est suite à cela que j'ai succédé dans un climat des plus étranges à Dame Shaka à la tête de Mésolongion qui devint quelques temps plus tard Mésomnon.

Durant tout ce tumultueux périple, des gens ont cru en moi et d'autres pas. Les plus difficiles au niveau de leur confiance furent les habitants d'Etimnon. Vivant reclus et écartés du monde depuis tant d'années, ils ne croyaient pas que je pourrais leur accorder un quelconque bienfait. Ce fut à force de promesses et de concessions que j'ai pu acquérir -peut-être même par procuration- leur confiance. Car je les ai enfin convaincus que s'ouvrir sur le monde était une bonne chose, pour eux et pour les autres.
Et voilà qu'à peine mes promesses faites, à peine mes bonnes actions lancées, j'ai du enfermer tout ce merveilleux monde, cette nature si étrange et libre dans un cocon d'acier et de sang afin d'éviter une hécatombe, allant par là même contre tout ce que j'avais dit par le passé à tous ces gens qui m'ont suivi jusqu'en enfer par foi en moi.
Et cette décision dramatique, j'ai dû la prendre par la faute de celle qui se trouve enfermée dans ce fameux cachot. Aquilodon, mon cher, dites-moi au nom de quoi je devrais me retenir de décharger sur elle tout le courroux d'un mage blessé et d'un peuple torturé par la disette due à l'absence de ravitaillement ?
"
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Aquilodon
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MessageSujet: Re: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Mar 7 Déc 2010 - 22:24

Question simple. Très simple. Cependant, le géant doutait que Xanis soit satisfait de la réponse qu'il allait lui donner.

- Au nom de la raison. Et de la loi. Si vous condamnez cette femme sans objectivité, vous serez, vous, un criminel, même si vous resterez impuni. La loi impériale stipule, mot pour mot : "Le tribunal de Kalamaï est le seul autorisé à statuer sur les conflits entre les habitants." Or, le cas présent me semble être un conflit entre habitants de l'Empire. Cette nécromancienne contre les peuples de deux provinces. Enfin, d'une. Cette affaire me semble assez importante, et me paraît demander un point de vue impartial.

Je vous demande donc de l'envoyer là-bas en mon nom. Moi aussi, j'ai souffert des actes de ces deux sorcières. J'ai perdu la vue, Xanis. La vue. Vous regagnez votre mana, mais je ne regagnerai jamais mes yeux.

En l'envoyant au Tribunal, vous vous assurerez de ne pas commettre d'acte inconsidéré, et vous respecterez les règles qui permettent à l'Empire de tenir debout. La loi est impartiale, et nous devons tous nous y soumettre. Même si nous avons souffert. Elle doit y aller.


Son argumentation était assez faible, mais le géant espérait que ça suffirait.

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MessageSujet: Re: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Mer 8 Déc 2010 - 0:07

Le Palatin de l'Unie secoua la tête en silence suite au réquisitoire d'Aquilodon. Toujours sans dire mot, il refit les mêmes gestes que précédemment pour appeler un serviteur du palais. A nouveau, un homme entra rapidement et salua avec déférence.

" Veuillez avoir l'amabilité de conduire la prisonnière jusqu'ici voulez-vous ? Demandez à Belphérus de veiller à ce que les Chanceliers accompagnent cette dame au cas où il lui prendrait des envies de s'échapper. "

Celui-ci s'en alla après avoir acquiescé.
Xanis se traina jusqu'à une fenêtre au rebord de laquelle il s'appuya, posant son sceptre contre le mur. Les rayons du soleil flattaient sa peau mais agressaient ses yeux fatigués. Tout en bas, au pied de la Tour Blanche et partout dans la cité, l'agitation régnait. Une agitation fébrile, mais une bonne agitation.
Des gens couraient dans les rues, seuls ou en groupes et couraient vers les portes grandes ouvertes d'Orchomène. Saisissant l'occasion, des taverniers avaient fait monter des tonneaux sur leurs charrettes et vendaient des choppes de bière fraiche à la sortie de la ville.
Ici et là, des gardes revenant des murs et des portes peinaient à gagner leurs casernes à contre-courant. De cette distance on ne pouvait pas s'en assurer, mais le Bâtard pensait qu'ils souriaient.

Par endroits, sur les places, les marchands ambulants redoublaient d'ardeur à vendre leurs produits dont les prix chutaient maintenant que le ravitaillement était assuré. Des chants et des danses diverses et variées trouvaient leurs place au sein de la population éparpillée dans le rues et les plaines alentours.
Les seules choses qui auraient pu gâcher cet instant de joie ne se montraient pas et le Thaumaturge en fut ravi. Il ne savait en effet pas où étaient passées les liches, mais elles reviendraient lorsque ce serait nécessaire. Elles lui obéissaient et revenaient toujours.


" Vous l'avez dit, mon ami, je suis totalement libre de faire ce que j'estime devoir faire en cette occasion. Je ne pense pas que quiconque prendra la liberté de venir me chercher querelle si je juge bon d'exécuter cette femme pour ce qu'elle a fait... "

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase avant que la porte ne s'ouvre une nouvelle fois, laissant passer deux chanceliers encadrant une demoiselle.
La première à passer la porte fut une elfe noir démonologiste du nom de Mala. Puis la prisonnière entra, bâillonnée et les mains liées. Enfin un infernal nécromancien fit son entrée, on le nommait Kzan. Dans le couloir, on put un instant apercevoir deux Bébiliths qui restaient en retrait mais gardaient un œil sur leur maîtresse.
La prisonnière portait des habits qui lui avaient été donnés par ses geôliers et qui n'étaient pas aussi fins que les tuniques habituellement réservés aux pensionnaires des oubliettes. Le statut spécial conféré par les Intendants pour ne pas que la prisonnière dépérisse avant d'être interrogée par le Palatin avait au moins eu cet avantage.
Qu'elle semblait fragile, petit être impuissant livré aux mains de tyrans omnipotents. elle qui avait, jadis si puissante, fait régner la peur et avait imposé sa volonté à un peuple de paysans et de soldats était maintenant effrayée, dans la paume d'un sorcier qui disposait de sa vie et de son sort.
Xanis qui était retourné auprès de son siège marcha dans sa direction et s'arrêta tout près d'elle, la fixant dans les yeux. Fuyant son regard, elle chercha à interroger le géant en silence, le bâillon l'entravant, mais l'aveugle ne put la voir.

Avec un sourire rêveur, Xanis posa le bout de son index sur la mâchoire de sa marionnette et lui caressa tendrement la joue, provoquant un frissonnement d'effroi. Ce monstre qui avait causé tant de malheurs était à lui. D'un seul mot il pouvait mettre un terme à son existence et veiller par là même à ce qu'elle ne nuise plus jamais à personne.
Il inspira profondément et donna son verdict :


" Par les pouvoirs qui me sont conférés en tant que premier Palatin de Mésomnon l'Unie, terre sur laquelle vous avez commis vos exactions et que vous avez profondément marqué par vos méfaits, je vous condamne à être jugée par une autorité impériale compétente. "

Les yeux de la prisonnière brillèrent de larmes qui perlèrent sur ses paupières, masquant ses merveilleux yeux couleur de glace. Elle inclina la tête, son expression voilée par la masse de ses cheveux blonds tombant devant elle.
Ainsi elle n'avait pas comprit... Elle se croyait sortie d'affaire et qu'on lui pardonnait tout ce qu'elle avait fait ?

Alors qu'il regagnait son siège, le Bâtard prévint toutefois :


" Vous devez votre survie au seigneur Aquilodon. Priez pour lui car il vous protège quand bien même vous l'avez détruit. Sachez toutefois que je ne vous pardonne pas. Repentez-vous, jeune fille, faute de quoi je jure devant Kereb d'user de tous les moyens en ma possession pour vous anéantir. Et ne croyez pas pouvoir vous terrer où que ce soit en ce bas monde, personne, où qu'il soit, n'est à l'abri de la Corporation des Arcanes, celle-la même que vous avez trahi.
Je vous conseille vivement de répandre dès aujourd'hui le bien autour de vous. Peut-être un jour estimerai-je que cela suffit pour que vous puissiez vivre le reste de votre vie sans crainte, mais jusque là, faites un pas hors du droit chemin et votre âme sera offerte à Nucter et personne, oh non ma petite, personne ne pourra vous protéger de cela.

Qu'on la laisse parler.
"
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MessageSujet: Re: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Mer 8 Déc 2010 - 20:55

On vint chercher Narcissa dans ses geôles. Ses gardiens, deux mages apparemment puissants, qu'elle aurait pourtant jugé ridicules avant la mort de Varssa, lui dirent que le Palatin la demandait. Sa dernière heure était donc venue. Nucter l'avait rattrapée, et il allait la châtier pour son manque de confiance. Au lieu de trôner à ses côtés, elle demeurerait son esclave. Elle se retint de pleurer, même si de lourds sanglots secouaient déjà ses épaules. Après quelques minutes, ses gardes et elle arrivèrent aux appartements du maître des lieux et, lorsqu'elle entra, la nécromante reconnut le drow qu'elle avait vu déchaîner les flammes sur l'apogée de son œuvre et de celle de sa sœur : leur Ténébreux. Elle avait vu cet elfe disparaître dans les flammes de son propre Brasier, y emportant toute leur armée, y réduisant en miettes leur obsidienne. Il n'avait pu survivre. C'était tout bonnement impossible. Elle devait le confondre avec un autre. Et pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, il portait sur toute sa peau visible des marques de brûlure et semblait convalescent. C'était donc bien lui. Incroyable. Un être indestructible allait donc la mettre à mort.

Ses sanglots retenus cessèrent lorsqu'elle vit Aquilodon, qui était assis dans un fauteuil adapté, non loin. Peut-être pourrait-il la sauver ? Elle chercha son regard puis, non sans honte, elle se souvint qu'elle le lui avait ôté, après qu'il eut estropié sa sœur. Pourquoi l'aidait-il ? Elle doutait que les raisons qu'il lui avait données soient toutes celles qui le motivaient. Il devait poursuivre un but personnel, mais lequel ? Là n'était pas la question : il était son seul espoir.

Étrange comme l'on tient à ses ennemis, parfois. Les mages qui les avaient éduquées, elle et Varssa, appelaient ceci par un nom qui l'avait amusé, elle ne saurait dire pourquoi, à l'époque où elle riait encore d'autre chose que de mort et de désolation. Le syndrome de Sto-Kolm.

La tirant de ses rêveries, le Palatin, qu'elle savait s'appeler Xanis de Draziva, s'approcha d'elle et lui caressa tendrement la joue, comme il aurait caressé une poupée. Elle était à sa merci, Aquilodon ne pouvait rien. L'effroi lui parcourut l'échine, et des sueurs froides coulèrent dans son dos, collant ses rudes vêtements à sa peau délicate.

Enfin, Xanis parla.


Par les pouvoirs qui me sont conférés en tant que premier Palatin de Mésomnon l'Unie, terre sur laquelle vous avez commis vos exactions et que vous avez profondément marqué par vos méfaits, je vous condamne à être jugée par une autorité impériale compétente.

Des larmes de soulagement lui vinrent. Ainsi, Aquilodon avait réussi à convaincre le drow de l'envoyer à la Capitale. Jamais elle n'avait été aussi reconnaissante envers un être humain, même si quelque peu géant. C'était d'autant plus étrange que cet être avait été de ceux qui avaient provoqué sa chute. Le Palatin reprit son monologue, puis ordonna qu'on la laisse parler. Parler ? Et pour dire quoi ? Que la terreur d'être mise à mort maintenant était remplacée par la terreur d'être jetée en cage le reste de sa vie ? Qu'elle était renversée par la puissance du Palatin ? Qu'elle aurait voulu se jeter sur le seigneur Aquilodon et le prendre dans ses bras, tout ennemi qu'il était ? Rien de tout cela ne lui paru satisfaisant. Elle se souvint soudain de l'époque où Nucter ne lui avait pas encore parlé, où elle était belle et innocente, attirant les garçons du village comme une fleur attire les abeilles. Elle se souvint de mots qu'elle n'avait plus prononcé franchement depuis une décennie. D'un particulièrement, qui semblait convenir à la situation. Elle releva la tête alors qu'on lui enlevait son bâillon, tarit ses larmes de soulagement, écarta ses beaux cheveux blonds et murmura ce petit mot, avec toute la franchise dont elle était capable, plus destinée au géant qu'à l'elfe cependant.

- Merci !

Elle se corrigea, se rappelant qu'il valait mieux pour elle qu'elle soit plus respectueuse.

- Je ferai selon vos désirs, monseigneur. Votre sagesse est grande et louable.

Le "merci" réjouit Aquilodon. Il venait du fond du cœur de la femme qui persistait, derrière le monstre sanguinaire. En revanche, il doutait que la phrase qui suivit plût à Xanis. Trop hypocrite, ou pouvant trop le paraître. Il se dépêcha d'agir, avant que son ami drow ne revienne sur sa décision. Il se leva de son siège, s'appuyant sur son long bâton, comme prêt à partir.

- Je vous remercie moi aussi de la confiance que vous m'accordez, Xanis. Je pars sans tarder vers la Capitale Impériale avec cette prisonnière. Je dois l'amener au Tribunal et faire mon rapport à Sa Sainteté Thangorthorim. Hum... Une dernière chose, mon ami. Serait-ce trop abuser que de vous demander une escorte à la mesure de cette criminelle et une monture à la mienne ? Il serait bon que cette hors-la-loi désormais sous juridiction impériale ne me fausse pas compagnie en cours de route.

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MessageSujet: Re: [Q4]. Un dénouement inespéré.   Jeu 9 Déc 2010 - 19:52

Il allait répondre sèchement à la demoiselle qui décidément ne comprenait rien à rien. De sa gratitude et de ses paroles, il n'en avait cure. Ce qui l'intéressait lui, c'étaient les actes clairs et indéniables d'une personne qui a changé au fond d'elle. Et sans ces actes, il ne la croirait pas, quoi qu'elle puisse dire.

Le géant demanda une escorte... Croyait-il réellement que Xanis allait lui laisser la prisonnière ainsi, sans aucune garantie qu'elle ne fausserait pas compagnie au géant aveugle à la première occasion ? Un animal blessé est un animal dangereux et même si Narcissa était pour l'heure brisée, elle pouvait se reprendre tout aussi vite.


" Rassurez-vous Aquilodon, nous arriverons sans encombre à la Capitale. Oui, vous m'avez bien entendu, je vous accompagne ainsi que Mala et Kzan. "

Le Thaumaturge réfléchit rapidement. Il n'avait pas souvenir qu'une magicienne de cette envergure aie déjà été enfermée dans les geôles du Tribunal... Et il n'était pas en état de les garnir des sortilèges nécessaire le cas échéant.
Quant à l'idée de laisser la criminelle aux mains de l'Église... Cela le répugnait, certains risquaient de la tuer sans prévenir personne, d'autres de juger de leur ressort de la gracier.
Inacceptable.


" J'irai avec vous jusqu'au Tribunal, suite à quoi je me rendrai à la Corporation des Arcanes et nous nous reverrons sans doute le jour de son procès. "

Le Bâtard se leva et fit quelques pas dans la salle jusqu'à une armoire ciselée de runes couleur or, argent et bronze. Il l'ouvrit et en sortit un coffret de la taille de son avant-bras qu'il posa sur une table. Il posa trois seconde la main dessus, murmura un mot de pouvoirs et un petit "clic" retentit, signalant que le mécanisme du coffre s'était déverrouillé. Le couvercle se souleva lentement.
Une améthyste d'un mauve profond et décorée de multiples gravures était déposée dans le tissu qui en épousait parfaitement les contours. Le mage la prit et la contempla quelques instants avant de venir se rassoir lourdement. Il grogna en songeant que ces quelques simples mouvements avaient dû être faits alors qu'il s'appuyait sur son sceptre.


" On connait bien des légendes sur les temps anciens, chers amis. Certaines sont vraies, d'autres non, mais il est difficile de les différencier, n'est-ce pas ?
Toujours est-il qu'il existe dans Kalamaï un moyen de déplacement plus rapide que les dragons eux-mêmes, que seul le sortilège de Téléportation peut égaler en rapidité...
Suivez-moi.
"

Laissant planer le doute, Xanis se leva et sortit de la salle avec lenteur. Après un regard perplexe, Kzan et Mala, leur prisonnière "sous le bras" lui emboitèrent le pas. Les deux Bébiliths qui attendaient à l'extérieur grognèrent leur contentement lorsque leur maîtresse passa la porte dont le cadre était trop petit pour qu'ils espèrent entrer.

Le Palatin de l'Unie les mena à travers une poignée de couloirs puis leur fit monter un escalier droit, chose plutôt rare dans une tour.
Si la majorité du dernier étage était réservée aux appartements de Shaka, une autre partie servait à un usage bien différent... Et cette partie n'avait jamais servi depuis la construction de la Tour Blanche par la dernière palatine de Mésolongion.
Il arrivèrent sur le palier en haut des marches et découvrirent deux rangées de six liches, totalement immobiles -même pas un courant d'air pour déranger leurs tuniques- qui semblaient leur faire une haie d'honneur macabre. Le Cavalier, que la présence de ces créatures avait tendance à rassurer, ne ralentit même pas.
Les deux Chanceliers, outre le fait qu'ils soient des mages, étaient habitués à la présence de ces êtres éthérés dans les murs de la cité et continuèrent aussi leur chemin sans hésitation, leur prisonnière entre eux.

Ce fut lorsqu'ils eurent dépassé le troisième binôme de liches qu'un imprévu eu lieu.
L'une d'elles, reconnaissant la criminelle que chacune d'entre elles cherchait depuis des semaines tendit son bras squelettique et referma la main sur celui de Narcissa, lui arrachant un cri de surprise. Elle tira violemment, tentant de se dégager en vain de cette étreinte alors que son agresseur se penchait avec lenteur vers elle, ouvrant démesurément la bouche et sondant son âme de ses orbites vides.


" NON. " Tonna Xanis et en un battement de cil la liche reprit sa place, comme si rien n'était arrivé.
Le Thaumaturge fit encore quelques pas et inséra l'améthyste dans un espace vide au milieu d'une grande porte, au fond du corridor. La porte trembla et s'ouvrit lentement avec quelques grincements laissant imaginer l'âge de la mécanique qui les portait.
Un grand siège se trouvait au centre d'une pièce au plafond très haut.
Un antique siège de téléportation.


" Pour tout vous avouer, je n'ai jamais testé un de ces appareils. Selon les écrits, chaque capitale provinciale, hormis Roc-Le-Chastel, en possède un qui est relié à tous les autres. Il suffirait de s'y asseoir, de songer à l'endroit où l'on veut aller et de fermer les yeux, la magie des anciens sorciers qui se sont sacrifiés dans cette œuvre faisant le reste. "

Xanis s'approcha en toussotant du fauteuil, le bout de son sceptre grattant le sol à chacun de ses pas.
Sans prévenir, Kzan donne un coup de poing -d'un infernal, ce n'est pas rien !- au côté de la tête de la prisonnière, l'assommant pour un moment. Comprenant les instructions sans qu'elles soient dites, il s'installa sur le siège avec elle, ferma les yeux et... disparut.
Mala fit de même juste après avoir fait disparaitre ses invocations d'un simple mot.


" Essayez de ne pas vous perdre en route. "

Le Bâtard s'assit, toussa quelques secondes, ferma les yeux puis disparut à son tour.

Spoiler:
 
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[Q4]. Un dénouement inespéré.

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