AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 "Des poésies et des chants naissent la décrépitude."

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Vespéral



Nombre de messages : 28
Classe : Rôdeur
Date d'inscription : 29/05/2011

Feuille de personnage
Statut Impérial:
1/10  (1/10)
Statut Rebelle:
0/0  (0/0)
Race: Elfe

MessageSujet: "Des poésies et des chants naissent la décrépitude."   Ven 3 Juin 2011 - 20:31

(Thème de Vespéral)


Peinture faite à la va-vite, par un ami désormais disparu.



Vespéral (mot commun, du genre masculin) : s'oppose à ce qui est matinal. Par extension, ce qui se rapporte à la nuit.

~

Je me souviens, je n'oublie pas, le 126ème jour après mon débarquée dans ce monde. Lors d'une nuit commune à toutes autres, dans le repaire. La violence coulait autant que l'alcool, les injures cognaient sur les murs autant que les cris des femmes. A travers ce chaos, j'essayais de trouver l’accalmie qui me permettrait une fois de plus d'essayer de comprendre. Comment, pourquoi, quand, qui, quoi ? Autant de questions où je n'ai su déterminer une réponse possible, ou même si elle serait celle d'un fabuliste, au moins une que j'aurai accepté. Que nenni, l'interrogation a su s’immiscer dans l'antre de mon esprit, d'une telle manière que je ne puis m'en défaire. Et comme depuis de nombreuses semaines auparavant, cette impuissance totale face à l'inexplicable, un réflexe apparu bien vite. Suivre le mouvement. Boire, installer la déchéance, visitez les bordels, se battre en duel. En ces instants, tous les hommes, aussi différents soient-ils, ressemblent à n'importe lequel d'entre nous. La violence ou la passion s'expriment d'une façon assez commune chez les êtres vivants. En supprimant les détails et ce qui ne vaut pas la peine d'être énoncé, j'en vins à ce qui marqua ce jour comme celui d'une nuit salutaire.
Lorsque l'on vit dans une société qui s'apparente à celle dans laquelle je vivais, votre sort et votre visage n'appartient qu'à vous. En d'autres termes, rien n'a d'importance aux yeux des autres, si ce n'est eux-mêmes. Une définition beaucoup plus claire serait celle-ci : vous n'existez pas si personne ne vous connaît. C'est aussi simple que cela. Chaque matin est le réveil difficile de la veille, et les souvenirs effacés qui suivent.
Dans ces conditions, je vivais tel un fantôme. Bien que j'étais différent des autres, avec une histoire totalement décalée du monde, j'étais un semblable. Jusqu'à l'instant précis, où malgré la pagaille générale, les vociférations bruyantes de chacun, le mobilier qui partait en éclat, le verre qui volait dans la taverne tel des oiseaux, le temps s'arrêta. Une magie que je ne connaissais pas m'a prit au piège, en une seule phrase : "Pour moi, tu t'appelles Vespéral."
J'ignorai quel effet cela a t-il eu sur mon corps ou mon esprit, mais plus rien ne devint pareil après ceci.
Alors, je me souviens, je n'oublie pas, le 126ème jour. Le 1er jour, où je partis à travers la mer.

~

"Par Sael le Sage, où suis-je tombé ?"

Ceci fut ma première phrase. N'avez-vous jamais ressenti cette sensation ? Ce moment où un voile se lève devant vous, et tout ce que vous voyez s'enfonce au fond de vous. C'est comme l'eau qui rentre dans le corps du noyé, un flux continu qui m'envahit et qui m'étouffe. J'ai suffoqué, bu l'eau sans comprendre comment ni pourquoi. La vérité d'une terre inconnue s'est abattue sur moi, et je n'avais plus rien, à l'exception de mes souvenirs. C'était une nouvelle vie, une nouvelle chance que je devais saisir et m'y accrocher sans que je chute, une nouvelle fois.

~

Ma vie. Combien de fois l'ai-je résumé pour comprendre ce qui c'est passé. Je suis né d'une pauvre femme. Mère qui connu l'amour et le charme d'un homme seulement une nuit, et trouva une conséquence pour toute une vie. Élevé avec amour et impuissance, je devins un mauvais enfant. Et avec le temps, ça n'alla pas mieux. Recherché assez fréquemment par la milice, détesté par beaucoup de personnes, interdit dans bon nombre de lieux. La seule bonne action que j'ai faite en tant que fils, ce fut d'accompagner ma mère, lors de son dernier souffle. Pour cette seule chose, elle partit avec le sourire. Et pour moi, avoir rendu quelqu'un fier quelques moments avant sa mort, ça n'avait aucune importance. Ainsi, je continuais de suivre le chemin de l'ombre. Je vivais la plupart du temps la nuit, on me reconnaissait pas, et les gens de la nuit étaient plus amicaux avec les gredins. Cet air spécifique que nous étions seuls à connaître, je m'en inspira toutes ces années, jusqu'à mon âge adulte. Cela me fortifia, non l'air, mais de vivre la nuit. Les poursuites effrénées à cause des vols, se faire agresser, les bagarres générales, les catins. Une expérience qui m'a changé à tout jamais, et transforma mon corps en ce qu'il est devenu aujourd'hui.

~

Je ne comprend pas. J'entends le vent le plus puissant qui souffle dans cette ville. Les échoppes sont renversés, les toits de pauvre fortune sont arrachés, jusqu'à quelques édifices mal construits finissent par tomber. La terre se met à trembler progressivement, je grimpe avec hâte pour observer la situation, et je vois. Devant mes yeux, j'assiste au déferlement d'une puissance que je n'aurai jamais soupçonné, une tempête de sable gargantuesque vient tout ravager sur son passage. Le royaume s'effondre, pierre par pierre, comme le vent balaie un fétu de paille. Les grandes colonnades des temples se cisaillent et font effondrer l'édifice dans une éruption de poussière. Je fonce, je cours aussi vite que mon souffle me le permettrait. Sauter de toit en toit, éviter les débris volants, courir sur les murs, s'accrocher aux rebords salvateurs, enfoncer sa lame dans les drapés de soie pour glisser. Je ne me préoccupe plus de ma fatigue ou de mes écorchures, le sable se rapproche et dans mon esprit, un souvenir apparait. J'ai souvent entendu étant plus jeune que le lieu le plus sûr qui pouvait exister était le palais royal. Il était normal que la personne la plus importante du royaume soit aussi la plus protégée. Alors à travers les bazars, la foule en panique, les portes fermées, je me suis fait un chemin. Et le plus étrange, une fois arrivé à destination, la moitié du torse à demi-nu, il n'y avait personne. Ou plutôt, aucun être vivant. Les sables avaient ravagés tout le monde, ils étaient morts, et je sentais que j'allais bientôt les rejoindre. Mon instinct me poussa à me cloitrer aux confins de la terre, pensant que le sable s'envolait vers le haut. Ce fut une grossière erreur, ils me suivirent jusque dans les caves, les salles de tortures et la réserve de poudre. La porte barricadée tenu un temps, jusqu'à ce qu'elle s'abat sur le sol.
Un monstre noir apparut, il marcha calmement vers le fond de la pièce, où je me trouvais. Son ombre engloutissait toutes les lumières, et je fus pris de panique. Bloqué par les murs, sa voix ne semblait être que les murmures incessants de millions de personnes. J'étais face à mon destin, et j'ai eu un réflexe stupide. Je me suis figé. Ma main lâcha mon épée, qui fit un bruit métallique en tombant sur le sol. Il s'arrêta un instant, face à moi, et enfonça sa main dans ma poitrine. La douleur fut insupportable et je ne pus la contenir. J'essayais de me concentrer mais les murmures envahissaient mon esprit, le noir fut complet. Puis le calme absolu, jusqu'à un réveil dans un monde inconnu.

~

" Qui ? Vespéral ? Oui, je le connais. Il est là-bas, derrière son ruban. A cet endroit, l'hydromel à la main, l'homme de taille moyenne se voutant dans son siège. Avec les vêtements oranges et bleus, et l'épée au fourreau non loin. Celui avec les mèches brunes qui dépassent et un regard bleu nuit. Voilà, c'est bien celui-là."

~

Halletante, étendue tout du long, elle savourait encore l'instant que nous avions partagés ensemble. Grâce à nous, le mobilier avait trouvé une disposition différente. Elle se pencha vers moi, assit au bord de la fenêtre, l'air pensif.

"Vespé.. Si je peux t'appeler ainsi. Que cherches-tu à travers la vitre ? Ma compagnie ne t'intéresse donc plus ?"
"Je cherche, une réponse, à une question."
"Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Une réponse ?"
"Ce n'est rien, oublie ça. Sers moi encore quelques graines d'opium avec un gueuleton de bière."

Après quelques sensations particulièrement agréables, je sentais mon corps vaciller et mon esprit qui partait ailleurs. Je fus ramené malheureusement à la réalité.

"Dis-moi.. Te reverrais-je, dans quelques heures, à l'aurore ?"
"Aucune chance."
"Je vois... Alors vivons cette dernière nuit."

~

Principes de bases :

"La fuite est une ruse, il n'y a que les imbéciles pour désigner ça comme de la lâcheté."
"Parfois, on est contraint de désobéir à ses principes. Le mieux, cela reste d'oublier qu'on en a."
"De nos jours, l'homme devient fasciné par l'homme. Il court à sa perte."
"Laissons les sentiments aux mourants."
"Il n'y a que les imbéciles pour se montrer tels qu'ils sont."
"Le meilleur des miroirs ne reflète pas notre image."
"Défier l'orgueil des grands et vous obtiendriez d'eux les réactions les plus basses."
"Rien n'est vrai, tout est permis."
" Un meurtre inutile est un meurtre qui ne doit pas avoir lieu."




(Susceptible de refonte ou d'ajouts)


Dernière édition par Vespéral le Ven 2 Sep 2011 - 22:53, édité 9 fois
Revenir en haut Aller en bas
Nysérine



Nombre de messages : 23
Classe : Nécromancienne
Date d'inscription : 24/04/2011

Feuille de personnage
Statut Impérial:
0/0  (0/0)
Statut Rebelle:
0/0  (0/0)
Race: Humaine

MessageSujet: Re: "Des poésies et des chants naissent la décrépitude."   Ven 3 Juin 2011 - 22:57

Chouette présentation, j'aime beaucoup le style Smile Très agréable à lire !
Revenir en haut Aller en bas
Adola
Spadassin
Spadassin


Nombre de messages : 2496
Age : 31
Classe : Assassin
Date d'inscription : 25/10/2007

Feuille de personnage
Statut Impérial:
5/10  (5/10)
Statut Rebelle:
0/10  (0/10)
Race: Elfe Noir

MessageSujet: Re: "Des poésies et des chants naissent la décrépitude."   Sam 4 Juin 2011 - 12:14

BG et compte IG validé

J'ai également bien apprécié le récit (mais par contre la taille de police est un peu petite) et attendant avec plaisir les prochains

L'équipe d'animateur et de MJ sont à disposition si besoin

_________________


Nucter, protège-moi de mes amis...
mes ennemis je m'en charge
Revenir en haut Aller en bas
http://do-roleplay.bbfr.net/les-personnages-f69/adola-patriarche
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: "Des poésies et des chants naissent la décrépitude."   Aujourd'hui à 2:55

Revenir en haut Aller en bas
 

"Des poésies et des chants naissent la décrépitude."

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Monde de Kalamaï :: Habitants et héros de Kalamaï-