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 Visite des mines de l'Edhesse

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Han Yu'llöhl Alkasr



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MessageSujet: Visite des mines de l'Edhesse   Lun 17 Fév 2014 - 20:10

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Narsès était parti en confiant à son intendant la tâche de me faire visiter les mines de fer de la Province. Une tâche que l'intendant avait bien vite fait de déléguer lui-même à un bureaucrate lambda, qui avait essayé de refourguer le boulot au capitaine de la garde, jusqu'à ce que l'impatience me fasse exploser et ma témérité me fasse dire des choses que j'aurais pu regretter, si mon talent pour le bluff n'était pas aussi grand. J'avais habilement fait comprendre au bureaucrate qui s'employait à me vexer que son Palatin, Narsès, n'hésiterait pas à le faire empaler si je partais mécontent de ces lieux et allait proposer mes services ailleurs. Quelque peu intimidé, le brasse-paperasse, apparemment responsable de la gestion des excavations minières, m'avait alors assigné une escorte et un guide pour aller inspecter mes futures concessions.


Bien que le seigneur Narsès m'ait précisé qu'il ne me céderait que le droit d'exploitation des mines, je savais bien que dans les faits, elles m'appartiendraient. Que m'importait, par les dieux, que mon nom soit sur un bout de papier ? Il pouvait bien conserver la propriété éminente des terres, j'en aurais l'usufruit, et c'est tout ce qui m'importait : le fer. Pour cela, il fallait que j'avise les méthodes d'exploitation actuelles et que je songe à les améliorer si besoin (j'étais presque sûr qu'il le faudrait). J'avais emporté avec moi de quoi prendre quelques notes et faire quelques croquis des moyens de soutènement et surtout des calculs de productivité en fonction de la capacité de roulage. Très important, le roulage. C'était la capacité d'une mine à rapidement évacuer les débris qui conditionnait sa productivité. Ça, et puis la main d’œuvre, bien sûr, mais on m'avait assuré que la Province n'en manquait pas.

Cela faisait un peu plus d'une journée que nous avions quitté Perganon, Bestien et l'escorte sur leurs chevaux, moi sur mon poney. Je n'avais jamais vécu parmi des hommes de grande taille, et je dois avouer que ça ne me plaisait pas trop, d'être aussi chétif à côté d'eux. J'imagine que ça ne leur plaisait pas non plus de devoir servir un gnome. Étrange comme la taille comptait, dans les rapports entre les hommes. Pour sûr, je n'étais pas du tout un guerrier, et à l'épée, je pense qu'ils auraient aisément eu raison de moi (même si mon sabre était de bien meilleure qualité que leur équipement). Et pourtant, un système politique ne se fondait pas sur des biceps, mais bien sur des méninges ; il en allait de même d'un système économique, qui avait encore moins à se préoccuper des passions des individus, devenus des valeurs. Ah ! Tout était si simple quand on n'avait que des nombres devant soi. J'aimais bien les hommes, mais les nombres étaient autrement plus fiables. Ce Narsès, par exemple, était un personnage intéressant, tellement intéressant que je n'arrivais pas du tout à savoir s'il bluffait complètement avec moi. J'arrivais en ses terres, je traitais avec la pègre, faisait exploser une cave et il me proposait un contrat extrêmement juteux alors que j'étais le plus parfait des parfaits inconnus ? Je n'avais aucune réputation, dans cette partie du monde !

Plus nous grimpions dans les montagnes et vers le nord, plus il faisait froid. J'essayais d'estimer l'altitude à laquelle seraient les mines tandis que nous gravissions les versants escarpés des monts. Depuis quelques heures déjà, nous montions dans la neige. Le guide, en tête de colonne, avait l'air de connaître le sentier par coeur. J'avais envoyé Bestien à ses côtés, à quelques mètres devant moi, pour qu'il apprenne quels étaient les balises qui permettaient au pisteur de ne pas perdre le sentier. Peut-être était-ce une route, toujours est-il qu'on n'en voyait pas grand chose, sous la pellicule de neige, qui se faisait de plus en plus épaisse. Emmitouflé dans un manteau de fourrure trop grand qu'on m'avait donné pour que je ne meure pas de froid, je grelottais tout de même pas mal. Autant j'étais habitué aux grandes rafales de vent océanique qui soufflaient sur la Digue et à la froideur de l'air, près des nuages, autant la bise montagnarde et neigeuse du Grand Nord m'était encore inconnue. Malgré les observations rationnelles que je consignais sur mon carnet et la rudesse de la température, je ne pouvais m'empêcher de m'émerveiller devant les pics saillants, encapuchonnés d'un duvet immaculé, devant le paysage magnifique que présentait ces reliefs de gorges et de sommets tranchants. Moi qui avais toujours souhaité explorer, partir loin et voir d'autres pays, j'étais servi comme un roi, et j'avais du mal à contenir mon visage, qui voulait coûte que coûte afficher un sourire béat. Le gel, heureusement, m'aidait à ne pas perdre ma crédibilité de partenaire commercial important et menaçant, du genre auquel il ne fallait pas chercher des noises.

Sans porter une très grande attention aux conversations de l'escorte, qui s'ennuyait pas mal, car nous ne cheminions pas vite, je compris que nous allions bientôt arriver à un site d'extraction de minerais. A la bonne heure ! Il y aurait du feu, là-bas ! En revanche, je devais dire adieu, pour l'instant, à mes beaux paysages. Les fonderies, les chariots, les hommes et les vapeurs les remplaceraient surement sous peu.


Dernière édition par Han Yu'llöhl Alkasr le Mar 17 Juin 2014 - 4:01, édité 2 fois
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Han Yu'llöhl Alkasr



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MessageSujet: Re: Visite des mines de l'Edhesse   Lun 16 Juin 2014 - 3:49

Je passai quelques jours dans les fumées et la poussière des mines, guidé par l’intendant du camp, un homme verbeux qui louait à grand renfort de jolis mots les piteuses installations provinciales. Ce bonhomme m’agaçait, agité qu’il était comme une souris qui vient d’échapper aux crocs d’un chat. Je n’avais de cesse de prendre des notes que je ne montrais à personne. Il n’y avait guère plus menaçant qu’un type qui pouvait bien être de la police secrète, en plus d’être un partenaire commercial à ne pas décevoir, si bien qu’on me laissait tranquille la plupart du temps, et que le seul inconvénient que j’avais à supporter, outre les beuglements des mineurs et les fumées et poussières qui saturaient l’air, était la voix nasillarde du petit bureaucrate.

Les mines étaient vraiment minables, comparées à celles de mon pays. Les techniques employées par les mineurs étaient rudimentaires, et les galeries étaient minuscules, quand on ne se contentait pas d’un simple travail d’excavation en surface. L’excellent point était que Narsès n’avait pas menti sur la quantité de main d’œuvre, ni sur l’importance des gisements. Le très mauvais était que la main d’œuvre se bousculait trop pour travailler véritablement efficacement, et que la Province manquait d’ingénieurs efficaces pour tirer pleinement profit des gisements. Je compris alors ce que Narsès attendait de moi : il voulait que je fasse de cette chétive pile d’échafaudages bâtis à la va-vite un réseau de galeries modernes et fonctionnelles. Si je voulais monter, grâce au fer, un semblant d’industrie, j’allais devoir me mettre au travail. À vrai dire, je m’y étais déjà mis, et à mesure que je parcourais les installations, je traçais des plans sur ce que je pourrais leur substituer de beaucoup plus efficace. Les conifères ne manquaient pas dans ces hauteurs, et trouver du bois pour le soutènement ne devrait pas poser de véritables problèmes logistiques. D’après ce que j’avais entendu des discussions au coin du feu, les attaques de dragon (si toutefois les hommes ne racontaient pas de sornettes inventées de toutes pièces, car je doutais de l’existence de créatures de cette nature) avaient cessé et le travail se déroulait normalement.


Hormis le piteux état des mines, l’endroit était magnifique. Il suffisait de s’éloigner de quelques centaines de mètres pour ne plus rien entendre des fonderies et des coups de pioche sur la pierre brute pour aller contempler le monde, tout de pierre hérissé. Il y a peu de choses plus sublimes que les cimes des grands rocs qui cisaillent le ciel dans le Nord de l’Edhesse, et je suis bien heureux d’avoir pu savourer ce spectacle dans ma vie. Aller à la mine aurait été un voyage exquis, si le site n’avait pas été si immonde, si bâclé, de si peu d’intelligence. Apparemment, l’exploitation n’était pas ancienne, et c’était déjà une bonne chose que les Palatins aient pensé à se servir de leurs ressources, mais ils avaient encore beaucoup de chemin à faire pour que leurs bonnes idées donnent de bons résultats. J’étais certain que le rapport que je dressais pour moi-même était le plus complet qu’on eût jamais fait sur ces gisements exploités. Peut-être le donnerais-je à Narsès, si du moins un homme de sa puissance se préoccupait de questions d’ingénierie. Oh, et peut-être pas, en fait. Il n’en aurait guère l’utilité, tandis que je craignais de n’en avoir que trop besoin.


Bestien à mes côtés, je regardais le ciel lacéré par les sommets, dans une stupeur muette, une fois de plus. Décidément, il serait bien plus plaisant de voler dans ces hauteurs à bord de l’Altesse, plutôt que d’analyser en détails ce piètre travail minier. Mais ce nouveau monde, avant de penser à avoir de fantasques artistes, avait grand besoin d’ingénieurs compétents. En poussant un soupir, je rebroussai chemin vers le campement, dont les sons revinrent vite à mes oreilles, d’abord diffus, dont seuls étaient d’abord audibles les échos, puis directement, rudes, percutants, cognant. Le sort fût remercié, ma visite était enfin terminée. Emmitouflé dans le tas de fourrures que je n’avais pas quitté depuis notre arrivée, je n’écoutai plus les paroles mielleuses de l’agaçant contremaître dès lors que celui-ci m’eut annoncé la nouvelle de notre départ. J’avais hâte de quitter ce froid étouffant, et surtout cette fumée qui prenait un plaisir sadique à masquer la seule chose digne d’admiration ici : les pics et les cieux.

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