AccueilFAQS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Un jour de plus au paradis...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Hélèna
Palatin
Palatin


Nombre de messages : 612
Age : 27
Classe : Psioniste
Armada : La Coalition Marchande
Date d'inscription : 23/03/2009

Feuille de personnage
Statut Impérial:
6/10  (6/10)
Statut Rebelle:
0/10  (0/10)
Race: Vampire

MessageSujet: Un jour de plus au paradis...   Mer 11 Juin 2014 - 23:54

Le bureau de la Confrérie des Marchands d'Ald'Rhune à Mésolon n'était pas l'un des postes les plus prestigieux que l'on puisse offrir à un administrateur de la CMA.
Le bâtiment abritant le comptoir commercial lui même n'avait rien de la splendeur de son équivalent présent en Maon. Ni même sa taille et son raffinement, à bien y penser. Et encore moins son confort et sa richesse. Mais c'était une partie d'Ald'Rhune perdue à l'autre bout de l'Empire...
Et en tant que tel, l'administrateur Liam Aënon ne manquait jamais de fierté lorsqu'on évoquait son poste.
La présence de deux quais réservés aux navires de commerce de sa Cité en face de son bureau ajoutaient à son prestige. Mais le poste de la CMA à Mésolon était ce qu'on pouvait qualifier de restreint et d'importance somme toute limitée...
Or, en cette mâtinée d'été, à Mésolon, Liam désespérait sous la paperasse administrative relative aux taxes et autres frais portuaires. A la vu d'un tel monceau de documents sur son bureau de chêne, il espérait secrètement n'avoir jamais à faire face aux mêmes problèmes dans un comptoir plus important. Alors qu'il parcourait l'une des pages de velin, il s'arrêta pour se tourner et porter son regard par la fenêtre de la pièce. Etant situé au premier étage du bâtiment, il profitait d'une très belle vue sur le port de commerce. Le soleil d'été, se levant sur les mâts des navires, commençait à chasser le peu de fraicheur apportée par la nuit. La fenêtre entrouverte laissait filer un maigre courant d'air rafraichissant l'atmosphère déjà moite du bureau.
Grand et mince au visage fin, ses oreilles pointues trahissaient des origines elfiques évidentes. Ses cheveux bruns, lisses, encadraient harmonieusement son visage en quelques tresses habilement disposées. Liam tenait entre ses mains sa pipe et un peu de tabac, tiré de sa réserve, posée sur l'un des coins de son bureau. Entreprenant de bourrer sa pipe, il fut interrompu lorsque son secrétaire tapa à la porte. Se retournant pour y faire face, il répondit:
-Entrez.
Le jeune homme se glissa par l'encadrement de la porte:
-Monsieur, j'ai quelqu'un qui voudrait vous parler. Un pêcheur du coin, je crois.
-Bien Mathieu, faites-le entrer.
-Tout de suite, monsieur.
Le secrétaire s'effaça devant un homme au visage bronzé, visiblement buriné aux vents de l'océan. D'apparence modeste et semblant faire une quarantaine d'années d'âge, l'homme se découvrit en hâte en entrant, un peu penaud.
Terminant de bourrer sa pipe, Liam présenta avec un sourire l'un des sièges trônant devant son bureau:
-Entrez, je vous en prie, monsieur...?
-Emery, m'sieur.
-Je vous en prie, Emery, asseyez-vous. Je suis monsieur Aënon, l'administrateur de ce comptoir commercial. Mais vous pouvez m'appeler Liam.
Puis, désignant sa pipe qu'il venait de finir de bourrer:
-Cela vous dérange-t-il si je l'allume?
-Bien sûr que non! C'est chez vous!
-Merci.
Se munissant de son briquet à amadou, il alluma sa pipe et en tira quelques bouffées. Puis, relâchant les volutes de fumée en l'air, il se penchant vers Emery:
-Bien, que puis-je pour vous, Emery?

----------

Le pêcheur venait à peine de quitter le bureau de Liam.
Ce qu'il avait dit à l'administrateur n'avait pas fini de le consterner.
Ce brave Emery avait recueilli depuis plusieurs mois une jeune femme qui parcourait la côte sans vraiment savoir où aller ni qui elle était. Jusque là, rien qui aurait réellement pu se rapporter aux affaires des marchands d'Ald'Rhune...
Mais ce que lui avait confié Emery venait de faire changer la situation du tout au tout...
Cette jeune femme pouvait tout à fait être celle que tout les citoyens de la Cité prévèzienne avaient recherchés pendant des mois après sa disparition. Celle dont ils avaient pleurés la perte et dont ils arrivaient difficilement à faire le deuil, même après tout ces mois.

La comtesse Ianoss d'Ald'Rhune, palatine de Prévèze, disparue lors du naufrage de sa frégate consulaire Hylvië alors qu'elle se rendait en Naxopole, avait été plus qu'une simple ambassadrice pour bon nombre d'ald'rhunais. L'on avait coutume de dire que si le Basileus et le Contarque étaient la tête et les bras de la Cité, la jeune femme en était certainement son coeur.
Or, depuis sa disparition, la Cité s'était brutalement repliée sur elle même, rompant ses liens diplomatiques ou sa présence extra-territoriale. Même la présence de conseillers ald'rhunais à Méthone, capitale provinciale de Prévèze, s'était faite plus rare.

Se pouvait-il seulement qu'elle ait survécu à son naufrage?
Pourquoi pas, après tout, puisque l'ensemble de l'équipage de la frégate avait réussi à survivre et avait été rapatrié le plus vite possible vers Ald'Rhune. Seul De Jolett, le capitaine de la Hylvië, était resté plusieurs mois à sa propre demande pour aider aux recherches. Une escadre avait même parcouru la zone du naufrage pendant plusieurs semaines sans rien trouver...
Mais pourquoi n'avait-elle pas essayée de rejoindre l'un des innombrables comptoirs de la CMA si elle était vivante? Ou l'un des consulats? Ou même l'une ou l'autre ambassade? Pourquoi n'avoir par donné signe de vie?
En réalité, les éléments apportés par le pêcheur permettaient d'avoir une explication: la jeune femme souffrait d'une amnésie partielle. Elle n'arrivait pas à se souvenir qui elle était ni d'où elle venait. Mais elle se souvenait parfois de quelques éléments: un drapeau, un nom, des visages, disait-elle. Comme si sa mémoire lui résistait.
Et soudainement, il y avait deux jours de cela, quelque chose dans son esprit s'était débloqué. Emery l'avait affirmé. Il l'avait même senti. La jeune rescapée qu'il avait hébergée si longtemps s'était mise à lui parler directement dans son esprit, presque instinctivement. Et elle lui avait montré ce dont elle se souvenait...
Le pêcheur avait reconnu le drapeau d'Ald'Rhune, qu'il avait l'occasion de voir assez fréquemment, puisque chaque navire de commerce de la CMA l'arborait. Et c'est ainsi qu'il s'était mis en route vers le comptoir de la CMA le plus proche, ici, à Mésolon.

Liam ne savait pas trop quoi en penser. Etait-ce bien elle? Il n'osait le croire. Mais il osait l'espérer...
Sa plume glissait à toute vitesse sur le velin. Il fallait prévenir ses supérieurs, là bas, à Ald'Rhune. Le prochain albatros risquait de déclencher une bombe au palais du Basileus...

Revenir en haut Aller en bas
Hélèna
Palatin
Palatin


Nombre de messages : 612
Age : 27
Classe : Psioniste
Armada : La Coalition Marchande
Date d'inscription : 23/03/2009

Feuille de personnage
Statut Impérial:
6/10  (6/10)
Statut Rebelle:
0/10  (0/10)
Race: Vampire

MessageSujet: Re: Un jour de plus au paradis...   Jeu 12 Juin 2014 - 23:32

Une musique d'ambiance est disponible ici


C'est un élégant navire qui se présenta ce mâtin-là à l'entrée du port de Mésolon. Un navire racé, taillé pour la course autant que la guerre, à en juger par les armes disposées de part et d'autres de sa coque finement taillée. Dans ses hauts mâts, les marins achevaient de replier les voiles consciencieusement tandis que sur le pont, les hommes à la manoeuvre opéraient la rentrée entre les digues et dirigeaient leur navire vers l'un des quais de la CMA.
Sur le quai attendait Liam Aënon, l'administrateur du comptoir de Mésolon. Il avait été prévenu de l'arrivée d'une frégate de la Flotte militaire d'Ald'Rhune et s'était porté aux devants de ses passagers. Ces derniers devaient d'ailleurs trépigner d'impatience. Ils allaient bientôt savoir si oui ou non, la jeune femme que Liam avait trouvé était oui ou non leur protégée disparue depuis si longtemps.
Le puissant vaisseau se plaça près du quai et déjà les marins posèrent pieds pour l'y amarrer. Les hommes allaient et venaient, vérifiant la solidité de leurs noeuds et préparant la passerelle qui bientôt serait jetée tel un lien entre le navire et la terre ferme. A peine la passerelle fut-elle déployée que déjà les cinq soldats de l'escouade Delta quittaient le bord.
Les cinq hommes portaient leurs armures F, si caractéristique des Sabres. Leurs armes, dont les fameuses lames donnant son nom à leur corps, se faisaient discrètes dans leurs étuis. Un oeil expérimenté aurait décelé les quelques différences notables entre les armures F standard et celles-ci. Celles des Delta ne semblaient pas taillées de la même manière... Et cet oeil curieux mais observateur aurait eu raison. Comme beaucoup de choses à Ald'Rhune, les désormais célèbres armures des Sabres avaient reçues une évolution des suites des expériences entre-autre accumulées par l'escouade Delta en Outre-Mer. Les modèles 2 de l'armure F facilitaient ainsi les mouvements tout en offrant une protection accrue par l'ajout d'éléments métalliques dans un feuilletage de cuir. Bien évidemment, le système des toiles camouflées adaptables sur les armures avait été conservé...

Naal Aldrinn se présenta à Liam Aënon. Il le salua d'un salut militaire impeccable avant de lui présenter les ordres de mission écrits de la main même du Basileus. L'administrateur s'en saisit et les lu rapidement. Puis, sur le ton de la discussion, il s'enquit:
-Vous avez fait bon voyage?
-Excellent. Cette nouvelle classe de frégate est sans aucun doute plus rapide que les précédentes.
-Je ne pensais pas ça possible... Apparemment, quelqu'un à la maison doit passer quelques nuits blanches dans les bureaux d'étude des chantiers militaires.
-Assurément.
-Je n'en avais encore jamais vu de semblables.
-Et pour cause: c'est la première de la série.
-Elle s'appelle comment?
-Et bien, c'est là que ça devient presque drôle, eu égard aux circonstances... Elle s'appelle "Comtesse Hélèna".
Liam marqua une pause, esquissant un sourire ironique. Il arrivait que l'on nomme un navire du nom d'un personnage célèbre. Mais il était rare que ce fut le premier de la série. Ainsi, la série toute entière porterait comme nom celui de la comtesse disparue. Et lorsqu'on parlerait de cette série de navires, c'est son nom qu'on utiliserait. C'était assurément un honneur rendu à ce personnage célèbre. Mais l'une des conditions était justement que ledit personnage soit décédé. Or, si Liam avait vu juste, la comtesse était sur le point de rejoindre le nombre des vivants sur les registres d'Ald'Rhune...
Passant son regard sur les quatre autres membres de l'escouade Delta, l'elfe les détailla brièvement. Samil avait toujours ce même visage un peu bourru. Ses traits s'étaient agrémentés d'une poignée de nouvelles rides, principalement autour de ses yeux. Ses yeux qui d'ailleurs restaient les billes d'onyx implacables qu'ils avaient toujours été. A ses côtés, Josh, l'éternel adolescent, avait lui aussi les traits plus marqués. Ce grand gaillard aux cheveux roux continuellement en désordre continuait d'être celui qu'il avait toujours été: le petit rigolo de la bande. Malgré les combats et le chemin parcouru... Darik était toujours cet homme trapu et musculeux. Son visage n'avait pour ainsi dire pas changé, malgré les épreuves traversées. Quant au dernier, il paraissait bien jeune parmi cette escouade de vétérans. Et pour cause: Varus sortait à peine de l'académie militaire d'Ald'Rhune lorsque la guerre en Outre-Mer contre les pirates s'était déclarée.

L'administrateur revint à son interlocuteur puis lui fit signe de le suivre avant de reprendre la conversation:
-Et bien, si je ne me trompe pas et que c'est bien elle, elle va être la première à demander que soit renommée cette série de frégates...
-Ça, c'est presque certain. Répondit l'officier en souriant.
-D'ailleurs, où se trouve-t-elle actuellement?
-Je l'ai fait venir ici récemment. Elle loge au second étage, dans l'une des chambres réservées aux capitaines de navires.
-Sage décision. Avez-vous parlé ensemble?
-Très peu. En réalité, elle a beaucoup lu. Elle ne sort pas beaucoup. Et encore, seulement le soir, pour une raison que j'ignore. Naal sourit à cette remarque.
-Fait-elle montre de ses pouvoirs psionniques?
-Elle ne l'a fait qu'une seule fois. Et encore: sur ma seule personne.
-Bien. Je compte sur vous pour en garder le secret absolu. C'était le voeu de la comtesse avant sa disparition. J'imagine que même si elle ne s'en souvient pas, cela reste d'actualité.
-Si c'est bien elle.
-Si c'est bien elle, bien entendu.

C'est en parlant qu'ils rejoignirent le comptoir de la CMA. Le personnel à l'accueil, au rez de chaussée, les salua alors qu'ils entraient tous les six. Liam demanda à ce qu'on invite la jeune femme à rejoindre son bureau pendant qu'il menait l'escouade Delta vers le premier étage...

----------

-Elle devrait arriver d'un instant à l'autre.
Liam avait retrouvé sa pipe et s'était attelé à la préparer comme il se devait.
Les hommes en armure autour de lui semblaient contenir leur impatience. D'après ce qu'on lui avait raconté, ces hommes avaient été pendant longtemps les gardes du corps exclusifs de la comtesse à l'époque de son ascension. Il était normal qu'après l'avoir pensée morte, ils soient impatients de savoir si l'espoir de la voir vivante était vain ou non.
Répondant presque à la phrase de l'administrateur elfique, on frappa à la porte.
-Entrez.
La porte s'ouvrit...

Les cinq soldats de l'escouade Delta se tournèrent vers l'entrée du bureau pour soudainement se figer.
Devant eux se tenait une jeune femme aux cheveux brun et à la peau d'albâtre. Ses yeux d'un bleu clair pétillants d'intelligence regardèrent, surpris, les six hommes présents dans le bureau. Elle se tenait là, immobile, sur le pas de la porte, ne sachant trop quoi faire.
Les cinq soldats restèrent un long moment immobiles, les yeux écarquillés.
C'était Elle...

Ils la reconnurent sans l'ombre d'un doute. Elle était identique à leurs souvenirs. La pâleur de la peau, les cheveux, y compris cette mèche rebelle qui se glissait sur son arcade sourcilière entre ses deux yeux. Ces grands yeux pleins de compassion et d'espièglerie mêlées. Ce même port altier, quoique n'ayant rien d'arrogant. Et toujours cette aura de calme et de sérénité...
Cependant, il y avait quelque chose de différent chez elle.
Un élément difficilement perceptible, mais néanmoins présent: la surprise et l'incompréhension. Ses yeux allaient de Naal à Josh en passant par Liam sans comprendre qui ils étaient. Il n'était pas difficile de se rendre compte qu'elle était perturbée...
Lorsque sa voix se répandit dans le bureau, Naal cru que son coeur avait sauté un battement:
-Vous m'avez demandée, monsieur Aënon?
L'administrateur resta impassible un moment, observant les cinq soldats soudainement transformés en statues. Puis, il se reprit et fit signe à la jeune femme de prendre place dans l'un des sièges encore libre devant son bureau:
-Oui, très chère. Mais je vous en prie, prenez place.
La jeune femme s'avança avec une grâce et une élégance rare, malgré les vêtements très communs qu'elle portait. L'administrateur vit du coin de l'oeil que les soldats de l'escouade Delta n'osèrent pas dire un mot. Ils n'auraient pu être plus stupéfaits qu'en présence d'un fantôme. Liam alluma sa pipe après avoir entrouvert la fenêtre. Puis, s'asseyant à son tour, il reporta son attention sur la jeune femme:
-Ma chère, je vous présente l'escouade Delta des Sabres d'Ald'Rhune.
-...Delta...? La jeune femme parue soudainement sonnée. Elle se tourna vers le commandant des cinq soldats et sembla scruter son visage. Ses yeux explorèrent chacun des traits du soldat, lequel ne bougea pas un instant. Il semblait même à Liam qu'il retenait sa respiration.
Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent soudain. D'un geste tremblant, elle effleura de la paume la joue du Sabre.
-...Naal...?!
Revenir en haut Aller en bas
Hélèna
Palatin
Palatin


Nombre de messages : 612
Age : 27
Classe : Psioniste
Armada : La Coalition Marchande
Date d'inscription : 23/03/2009

Feuille de personnage
Statut Impérial:
6/10  (6/10)
Statut Rebelle:
0/10  (0/10)
Race: Vampire

MessageSujet: Re: Un jour de plus au paradis...   Lun 16 Juin 2014 - 3:03

-... c'est lorsque la porte s'est refermée et que le navire a fait une embardée que je me suis retrouvé coupé de vous, madame. J'ai fait ce que j'ai pu pour l'ouvrir, mais l'eau et l'écume m'en ont empêchées.
-C'est moi qui l'ai empêché de se noyer, madame. Il était encore à s'acharner sur la serrure alors que l'eau avait envahie la pièce. Naal acquiesça à regret.
-Lorsque nous avons rejoint les autres, De Jolett ne voulait pas quitter le pont de son navire.
-Alors qu'il était déjà presque entièrement immergé et battu par des vagues monstrueuses. Moi qui ait toujours pensé que cette tradition était une légende...
-J'ai du l'assommer pour le mettre dans la chaloupe où nous attendaient déjà plusieurs marins, en compagnie de Darik. Le Sabre esquissa un rare sourire amusé à l'évocation de ce passage.
-Nous nous sommes ensuite éloignés pour éviter d'être aspirés avec le navire lorsqu'il disparaitrait dans les eaux...
-...Et c'est là que vous m'avez repêché. Enchaina Samil.
-En vérité, on a failli lui mettre une de nos rames en travers du nez. On l'a hissé à bord, lui ainsi que quelques autres marins qui nageaient autour de nous. La tempête nous a empêchée de savoir où nous étions exactement et nous avons dérivés aux grès des courants et des vents jusqu'à ce que le temps se calme.
-Puis nous avons rejoint la côte, à une vingtaine de lieues au nord de la frontière entre Mésomnon et Naxopole.
-Nous avons finalement rejoint Trimaya, d'où nous avons pu avertir le Basileus du naufrage avant de nous embarquer à bord d'un des transports envoyé pour rechercher des survivants. Les cinq soldats se turent. Naal reprit, d'une voix grave:
-Nous avons appris plus tard qu'un pêcheur local avait découvert des corps et des débris sur une plage en Naxopole. Dont celui d'un homme portant un sabre et une armure en cuir. Sahen.
Les cinq soldats, qui avaient retirés leurs armures et armes -à l'exception de leur sabre-, restèrent graves à l'évocation de leur camarade disparu. Ils se tenaient là, dans le salon privé de l'appartement de l'administrateur Aënon. Naal était assis dans l'un des deux fauteuils entourant la table basse, Samil occupant l'autre. Josh avait pris place sur l'une des chaises de la salle à manger, s'asseyant à l'envers, le dossier face à lui. Darik et Varus étaient restés debout contre le mur, l'un à côté de la fenêtre, l'autre à côté de la porte.
-Nous vous avons cherchée partout pendant des mois. Lorsque l'escadre de l'amirale Neraï est arrivée, nous sommes montés à bord du Cygne Noir. Lorsqu'il est reparti, deux mois de recherches plus tard, nous avons débarqués. Nous avons parcourus la côte de Naxopole pendant encore deux mois supplémentaires à la recherche d'une trace, d'une piste, d'un signe. Mais rien...
-...puis nous avons reçu l'ordre de revenir à la maison. Que les recherches étaient terminées...
-Bien sûr, nous avons obéis. Vous étiez morte pour tous, après quatre mois.
-...pour tous?
-Sauf pour nous. Nous vous connaissons: vous avez survécue à pire qu'une tempête et vous êtes pleine de ressources. Et que l'on n'ait pas retrouvé votre corps nous laissait un espoir.
-A Ald'Rhune, nous sommes arrivés au milieu de vos funérailles... Elles étaient somptueuses.
Hélèna releva la tête et regarda tour à tour chacun des membres de l'escouade Delta, de ses grands yeux perdus.
-...des funérailles? Répéta-t-elle, surprise.
-Vous étiez officiellement déclarée morte. Et vous avez reçue des funérailles nationales pendant une semaine.
-...une semaine?! ...Entière?! Cette fois-ci, elle resta choquée.
Les lèvres de Naal dessinèrent un sourire amusé. Il hocha la tête avant de reprendre:
-Vous ne changerez jamais: vous êtes toujours la seule à ne pas vous rendre compte à quel point vous êtes populaire à Ald'Rhune, amnésie ou pas.
Si la jeune femme l'avait pu, elle aurait rougie. Or, ce n'était pas possible. Plus depuis un peu plus de 56 ans. Ses mains se joignirent et elle baissa la tête.
-Vous vous souvenez de ce qui s'est passé à partir du moment où je vous ai perdue, à bord de la Hylvië?
La comtesse hocha négativement la tête avant de relever ses yeux sur l'officier:
-Je me souviens seulement de m'être éveillée dans des dunes de sable, sous un soleil levant. C'est même ce qui m'a réveillée.
-Le soleil. Evidemment... Mais comment avez-vous fait pour... Naal mima une coupe portée à sa bouche.
-J'ai résistée le plus longtemps possible avant de devoir me résoudre à chasser des animaux sauvages pour étancher ma soif.
-Ça n'a pas dû être facile... Naal glissa un coup d'oeil à Varus. Ce dernier ne semblait pas bien comprendre ce que venaient de se dire son commandant et la jeune femme qu'ils étaient censés protéger. Les autres membres de l'escouade se tournèrent également leur attention sur le petit nouveau.
Naal se leva et avança vers Varus, pour s'arrêter face à lui. Plantant ses yeux dans ceux de son subordonné, il s'adressa à lui d'une voix calme:
-Il y a beaucoup de choses dîtes sur la comtesse. Certaines sont vraies, d'autres non. Mais il y a deux choses à savoir et dont il faudra garder le secret au péril de ta vie. La première, comme tu as déjà pu l'entendre, c'est qu'elle possède des dons psioniques puissants. La seconde, sans doute la plus secrète des deux, c'est qu'elle n'est ni humaine, ni elfe: elle est vampire.
-Vous... vous êtes sérieux, chef?
-Extrêmement. Je parie que vous voyiez les vampires comme des créatures sanguinaires et violentes. Je me trompe, mon garçon?
-N-Non chef. Mais si la comtesse est vampire, pourquoi a-t-elle besoin qu'on la protège? Elle saurait certainement se défendre elle même.
-Elle le saurait sans doute, mais ne le ferait probablement pas. Ce n'est pas dans sa nature.
Le soldat resta un instant abasourdi. Naal rit en voyant son visage:
-Varus, mon garçon, tu fait désormais officiellement partie des Deltas! La seule escouade chargée de protéger la seule vampire qui déteste le sang! Le jeune soldat posa ses yeux sur la comtesse. Cette dernière l'observait avec attention et appréhension. Leurs regards se croisèrent un court instant, durant lequel Varus pu lire dans ces yeux pâles la prière silencieuse de la jeune femme.
-Mais... vous ne mordez pas? Comment faites-vous pour vous nourrir? Demanda le jeune soldat à la jeune femme à la peau d'albâtre. Alors qu'elle allait lui répondre, c'est Naal, qui entre-temps avait rejoint son fauteuil, qui lui répondit:
-C'est simple: je la force à boire un peu de mon sang après m'être entaillé. Nous lui en donnons tous et à chaque fois, elle tente de le refuser. Et non, elle ne mord jamais, même pour se défendre.
-Je suis la même personne que lorsque vous ignoriez ce que j'étais, Varus. S'il vous plait, ne me jugez pas sur ma nature, mais sur mes actes. Le jeune soldat inspira, puis hocha la tête:
-Votre secret sera bien gardé, madame. Mais je ne pense pas être prêt à... enfin...
-M'offrir du sang? Si je pouvais, je m'en passerais bien. Dit-elle en souriant tristement. Rassurez-vous, je ne vous le volerais pas. Je ne l'ai jamais fait. Enfin, je crois...

----------

-Vous n'arrivez pas à me voir?
-Non Naal, je ne te vois pas. Le jeune femme soupira, désespérée. Dans son dos, le soldat parut contrarié.
Le reste de la journée n'avait été qu'évocation de souvenirs, tentatives jusque là peu fructueuses de lui faire retrouver la mémoire. Elle se souvint ainsi de détails, de noms de lieux et de quelques informations mineures. Mais certaines parties de sa mémoire -les plus importantes- restaient inaccessibles. Hélèna savait que ces informations étaient là. Elle pouvait presque les sentir, derrière ce verrou. Mais comment faire sauter ce blocage? A chaque fois qu'elle tentait de s'y attaquer, il la contrait. Comme si ce damné obstacle suivait ses mouvements et se déplaçait en même temps que ses efforts... Le fait de ne pas pouvoir repérer l'origine de ce verrouillage alors qu'elle avait toujours fait preuve d'une grande habileté avec l'esprit avait fait germer une théorie dans la tête du chef des Deltas. Et si le blocage en question était dû à la perte d'une partie des capacités psioniques de la jeune femme?
Et c'était la raison de ces exercices mentaux: savoir si la comtesse avait -oui ou non- perdu des facultés. La réponse était accablante: oui. Et beaucoup, qui plus est... La jeune femme ne pouvait pour ainsi dire plus transmettre d'informations complexes à celui avec qui elle était autrefois le plus habitué à communiquer. Elle pouvait encore lui parler mentalement, quelque soit la distance. Mais elle ne pouvait désormais plus lui transmettre de sensations, d'images, de pensées complexes... Et c'était un constat fait sur l'ensemble des membres de l'escouade. Quant à ses autres pouvoirs, le néant. Elle ne pouvait plus "voir" les autres esprits autour d'elle, comme elle le faisait pourtant si naturellement autrefois. C'était comme être aveugle après avoir pu contempler le vaste monde. La perte était immense...
Naal revint vers sa protégée, l'air pensif. Cette perte presque totale de ses pouvoirs, parallèlement à ce blocage presque "intelligent"... Ça n'avait pour ainsi dire aucun sens. L'esprit de la comtesse avait toujours été une véritable forteresse...
-J'ai pourtant presque l'impression de connaitre l'obstacle qui me bloque... C'est étrange... Laissa échapper la jeune femme. Naal se figea instantanément. Mais oui, bien sûr!
-Madame, je crois savoir ce que vous affrontez. La comtesse le regarda avec étonnement. Naal s'agenouilla face à elle et pris ses mains dans les siennes pour les plaquer contre ses tempes. Hélèna affichait sur son visage une expression empreinte de perplexité.
-Entrez dans mon esprit.
-Mais... j'en suis incapable!
-Souvenez-vous, vous le faisiez si facilement avant. Naal inspira et fouilla sa mémoire. Rappelez-vous lorsque vous m'avez appris à protéger mon esprit la première fois.
La jeune femme se concentra sur sa mémoire fragmentée. Heureusement, elle se souvenait de presque tout ce qu'ils avaient vécus ensemble, le chef des Delta et elle. Elle sentit son esprit s'échauffer sous la forte concentration. Devant elle, les yeux rivés aux siens, Naal lui souffla:
-Maintenant, imaginez votre conscience glisser jusqu'à la mienne par vos doigts. Vous y êtes? Hélèna ferma les yeux.
-Ou...oui, je crois.
-Maintenant, ouvrez votre esprit... La comtesse s'exécuta... Au fur et à mesure qu'elle s'ouvrait à la conscience de l'homme lui faisant face, elle percevait des couleurs, des impressions. S'attardant sur ces sensations, elle chercha à s'en approcher. Devant elle, un mur flou se dressa. Essayant de voir à son travers, elle se rendit compte qu'elle en était incapable. Soudain, sans aucune raison, le mur disparu comme s'il n'avait existé.
-Bienvenue dans mes pensées, madame. Lui glissa d'une voix empreinte de douceur le soldat.
Hélèna se trouva soudain nimbée de mille images, sons et odeurs, de concepts intellectuels divers et de mots. Elle redécouvrait en un instant cette sensation qu'elle se souvint connaitre et maitriser. Retrouvant son habileté, elle papillonna parmi les pensées de son garde du corps. Elle fouilla à la hâte ce qu'il pouvait bien connaitre sur elle... Et ce ne fut pas long pour que quelque chose sorte de ces flots continus de pensées! Au détour d'un souvenir de son instruction à l'académie militaire d'Ald'Rhune, Hélèna trouva par pur hasard un souvenir où elle se vit distinctement. Elle était face à Naal comme ils l'étaient en ce moment. Et, les mains posées sur ses tempes comme maintenant, elle entreprenait de lui apprendre comme protéger son esprit contre les intrusions...
#C'est ce que vous aviez besoin, madame. N'est-ce pas?#
#Oui... oui. Merci Naal. Merci du fond du coeur.#

La comtesse rouvrit les yeux et retira ses mains. Elle voyait toujours les pensées de son garde du corps. Ce dernier esquissa un sourire et le mur flou réapparu, enserrant son esprit de son enceinte hermétique. Hélèna se pencha mentalement sur la barrière du soldat. Elle y posa le doigt. Et, appuyant un peu, elle traversa cette protection devenue étrangement immatérielle. Elle la traversa comme on traverse la fine frontière entre l'océan et le ciel... Décidant de ne pas s'attarder, Hélèna recula et quitta l'esprit de son ami.
-Ohooo. Laissa échapper Naal.
Maintenant sa concentration, la jeune femme se livra à une petite expérience sur elle-même. Elle devinait maintenant ce que le chef des Deltas pensait avant qu'elle n'entre dans sa tête: et si ce blocage n'était autre que sa propre forteresse mentale, dont elle aurait perdu les clefs? S'approchant d'un des remparts, elle y posa la main. D'une douce impulsion, elle sentit ses doigts traverser les premières défenses mentales...
Et d'un coup, d'un seul, tel un coup de tonnerre, une vague de souvenirs qu'elle croyait perdus réapparurent dans son esprit. Retenant sa respiration, elle se figea mentalement.
-Ow.
-Vous allez bien, madame?
-Oui... oui, très bien. Je crois que je viens de redécouvrir une dizaine d'années de ma vie. Dit-elle, sonnée. Puis, d'un sourire désarmant, elle ajouta:
-Tu pensait que ce blocage pouvait être mes défenses mentales, n'est-ce pas? Et bien tu as raison: je les reconnais maintenant...


Dernière édition par Hélèna le Mar 17 Juin 2014 - 2:58, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Hélèna
Palatin
Palatin


Nombre de messages : 612
Age : 27
Classe : Psioniste
Armada : La Coalition Marchande
Date d'inscription : 23/03/2009

Feuille de personnage
Statut Impérial:
6/10  (6/10)
Statut Rebelle:
0/10  (0/10)
Race: Vampire

MessageSujet: Re: Un jour de plus au paradis...   Lun 16 Juin 2014 - 5:24

Plusieurs jours venaient de s'écouler depuis qu'Hélèna avait redécouvert une partie de ses souvenirs. Elle n'avait cessée de les parcourir, les étudiant avec attention. Sous toutes les coutures, elle étudiait ces images, ces visages, ces sons et pensées qu'elle avait pu voir/rencontrer/percevoir/avoir par le passé... Ald'Rhune revenait souvent. Le Basileus, le Contarque, sa famille adoptive... Elle se revoyait prendre des décisions importantes, prononcer des discours au sein de la chambre des Conseils du Palais du Basileus...
Plus surprenant, elle se souvint avoir déjà un jour rencontré l'Empereur Fardall. L'explication vint de Naal cette fois encore. Elle apprit par son intermédiaire qu'elle était palatine de Prévèze... Prévèze... Même ce nom lui évoquait quelque chose, maintenant! Le désert, le sable à perte de vue. Le soleil, douloureux. Méthone, la capitale de la province, des travaux de grande ampleur, un homme dans un laboratoire au sein de l'Arsenal de la ville. Des jardins, un grand marché... Et Thyde! Thyde, le port de commerce de Méthone. Mais comment avait-elle pu oublier de telles choses?
Les visages lui donnaient déjà un peu plus de fil à retordre: elle voyait distinctement nombre de gens sans réussir à leur donner un nom. Pourtant, elle savait beaucoup de choses sur eux... Mais leur nom et leur titre -si tant était qu'ils en eussent un- restaient un brouillard à couper au couteau.
Quelques-uns sortaient du lot, fort heureusement. Parmi ceux là, trois elfes dont elle avait reconnu dans l'instant les visages. Le premier d'entre eux, son plus fidèle allié et ami tant au Sénat qu'ailleurs: Babka Irvin, de Maon. Fidèle à l'Empire, comme elle, homme d'honneur et de principe, son visage noble et agréable lui inspirait toujours une confiance certaine. Ils avaient traversés bien des choses ensemble. Elle s'en souvenait maintenant que les souvenirs lui étant liés revenaient à la surface...
Le second était différent. Un rien sauvage mais plein de grandeur, fougueux mais empreint de sagesse, il avait repris le trône de Roc-le-Chastel. Irkos de Kalferas, souverain d'Outre-Mer. Un homme de bien pour un peuple qui méritait toute son attention...
Et le dernier n'était autre que le prédécesseur d'Irkos: le regretté Jund Arakasï. Seigneur d'Outre-Mer au passé nébuleux, il avait été l'un des artisans de la paix entre l'ancienne province et l'Empire. Et l'un des rares à avoir mis le doigt sur l'étendue des pouvoirs psioniques de la comtesse.
Tout les trois avaient -chacun à sa façon- une place particulière dans le coeur de la jeune femme.

Mais plus que le retour de ses souvenirs, c'était le retour d'une partie de ses capacités psioniques qui avait intéressé ses gardes du corps. Elle pouvait dors et déjà lire dans les esprits. Nul doute en voyant les progrès effectués qu'elle maitriserait bientôt à nouveau ses autres pouvoirs mentaux.
La détection tout azimut des esprits restait quelque chose de difficile à mettre en oeuvre, malheureusement. La jeune femme n'arrivait tout simplement pas à étendre sa "vision" mentale suffisamment. Mais il y avait désormais un espoir: elle savait ce qui causait cette ablation tant de mémoires que de pouvoirs.
Sa forteresse mentale... Autrefois le bastion défendant son bien le plus précieux: son esprit. Désormais, coffre-fort interdisant l'accès à ces informations à tous. Y compris à celle à qui elles appartenaient, malheureusement.
Hélèna ne savait pourquoi ses défenses s'étaient ainsi déployées. Ni pourquoi elle avait perdue la capacité de les plier à sa volonté. Etait-ce pour garder quelques informations secrètes bien cachées? Etait-ce volontaire ou seulement un malheureux incident dû au choc du naufrage? Toujours était-il que la jeune femme avait pourtant laissée derrière elle un moyen de forcer chacune des protections pour enfin reprendre ses souvenirs... Et avec eux, la possibilité de retrouver ses capacités.


Mais il fallait pour le découvrir quitter le comptoir de la CMA de Mésolon. Ce n'était pas en Mésomnon que se trouveraient les clefs de sa mémoire. Et Hélèna en était bien consciente, à n'en point douter. Non, c'était à Ald'Rhune qu'il fallait se rendre. Sa cité natale. Cette ville qu'elle avait contribuée à ouvrir au monde et à faire connaitre...
Et c'était pour la rejoindre qu'Hélèna et son escorte se trouvaient prêt à embarquer à bord de cette frégate à l'allure féline. Si tant est qu'on puisse jamais qualifier de "félin" un navire de guerre.
L'administrateur du comptoir, M. Aënon, les accompagnait sur le quai, les menant à la passerelle.
-J'espère que vous arriverez à bon port, madame.
-Je n'en doute pas un instant, Liam.
-Il faut reconnaitre que votre dernier voyage a été pour le moins mouvementé.
-...Et long, surtout!
La comtesse partit d'un rire cristallin.
-Tellement long que l'on m'a crue morte. Même moi je le croyais, c'est dire! L'elfe sourit à la remarque. Un silence plana quelques instants au dessus d'eux. Tant Naal et Liam qu'Hélèna paraissaient ne plus trop quoi dire après avoir passé ces derniers jours loin des préoccupations du monde, seulement focalisés sur la guérison mentale de la jeune femme. Cette dernière leur était d'ailleurs extrêmement reconnaissante.
-Je forme des voeux pour que votre guérison soit rapide, pleine et entière, madame.
-Merci Liam. Pour ne rien cacher, je le souhaite aussi. L'absence de tant de mes souvenirs me fait parfois l'effet d'être dans le corps d'une autre...
-Je peux l'imaginer... L'administrateur se tourna vers la passerelle avant de reporter ses yeux sur la jeune femme. Comme elle semblait calme malgré le traumatisme du naufrage. Peut être était-elle un peu perdue encore. Mais elle envisageait l'avenir avec une telle sérénité que s'en était impressionnant. Cette femme avait une alchimie rare: un caractère doux et une volonté forte. Il eut été dommage qu'une telle richesse disparaisse sous les flots de Naxopole...
-Je crois que votre navire vous attend, madame.
-Oui. Merci encore pour votre accueil et pour tout ce que vous avez fait pour moi. Merci de tout coeur. L'elfe porta la main fine de la jeune femme à ses lèvres et pratiqua un baise-main.
-Tout le plaisir a été pour moi. J'espère que nous nous reverrons.
-Je l'espère aussi. Au revoir Liam.
La jeune femme adressa un dernier sourire à l'elfe avant de monter la passerelle d'un pas léger, Naal sur ses talons. L'administrateur resta un instant devant le navire avant de prendre le chemin du comptoir pour retourner aux mornes inquiétudes liées à son poste.

Hélèna fut accueillie sur le pont de la frégate par le capitaine du navire lui même. Ce dernier se mis au garde à vous lorsqu'elle atteignit sa hauteur. Elle lui rendit son salut avec le même respect, et, habituée des traditions navales, la jeune femme s'enquit:
-Permission de monter à bord, capitaine?
-Permission accordée, madame. Bienvenue à bord de la Comtesse Hélèna.
La comtesse resta interloquée un instant avant de se ressaisir:
-Je vous demande pardon?!
-Madame, je conviens tout à fait que ce soit pour le moins inhabituel. Mais mon bâtiment porte votre nom et je vous souhaite la bienvenue.
-...Oh... Donc, il suffit que je sois déclarée morte un peu trop longtemps pour que l'amirauté nomme l'un de ses navires en mon hommage. Dit-elle en revenant de sa surprise sur une légère pointe d'humour.
-En réalité, madame, ce n'est pas l'un de ses navires qui porte votre nom. Ce navire étant le premier de sa série, c'est tout la classe qui le portera.
-...!? ...Par Nimburr, voila qui n'est pas commun...
Retrouvant rapidement sa contenance, la comtesse ne put qu'entendre le discret rire étouffé de Naal dans son dos...

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Un jour de plus au paradis...   Aujourd'hui à 3:00

Revenir en haut Aller en bas
 

Un jour de plus au paradis...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Monde de Kalamaï :: Provinces, dépendances et territoires :: Mésomnon :: l'Isle-